Mare Nostrum Corsica
- Les
nouveautés 2026 sur les lignes de Corse -
Saison
2026 : une offre de transport dans la continuité de celle de 2025 et des nouveautés très Stena Line !

Les départs successifs de Bastia du Paglia Orba de la Corsica Linea et du Mega Express Two de la Corsica Ferries, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel.
L'année
2025 a finalement été moins mouvementée sur les
lignes de Corse qu'annoncé par certains médias : en
particulier, contrairement à ce que certaines rumeurs laissaient entendre, il n'y a
pas eu de rachat de la Corsica Ferries
par le groupe marseillais d'envergure mondiale CMA-CGM et celui-ci ne s'est finalement pas retiré, tout du moins à date, de La Méridionale. En revanche, le plan de restructruration de la Moby Lines entré en vigueur est allé plus loin que celui annoncé en 2022 dans un précédent article thématique. En effet, la contrainte financière s'accentuant du fait notamment des nouvelles normes environnementales, la Moby
s'est séparée d'un nombre inédit de navires en
quelques mois de fin 2024 à début 2025, puis de nouveau fin 2025 (voir détails ici). Toutefois,
l'armateur italo-suisse de taille mondiale MSC, qui
en avait pris le contrôle à 49%, a finalement dû
céder ses parts fin 2025 à l'armateur historique de la
compagnie Onorato Armatori pour échapper à des sanctions de l'Autorité de la concurrence italienne (en effet, MSC est déjà propriétaire de la compagnie italienne GNV, qui
étend fortement son réseau en Méditerranée
occidentale et un abus de position dominante était à
craindre sur les lignes maritimes reliant l'Italie continentale
à la Sardaigne et à la Sicile).
Quoi qu'il en soit, le principal défi de l'année
et
de la décennie reste la transition écologique.
Les
armateurs doivent en
particulier prendre
des
mesures
fortes de décarbonation. En effet, de nouvelles
normes environnementales, tant de l'Union
européenne que de l'Organisation
maritime internationale (OMI),
s'imposent pour réduire les émissions de gaz
à
effet de serre et pour améliorer la qualité de
l'air. Une
première étape était entrée en
vigueur dès
février 2020, avec de nouvelles normes
environnementales sur les carburants. Puis, la
Méditerranée est passée à son tour au 1er
avril 2025 en zone SECA
(à faible
émission de soufre des navires), ce qui a induit sur les
lignes de Corse l'utilisation de carburants
moins soufrés (0,1% maximum, contre 0,5% auparavant) mais
plus
coûteux pour les
compagnies. En
outre, l'inclusion progressive du transport
maritime
dans le système européen des quotas
d'émissions, l'ETS,
s'achève en 2026 : alors
qu'en 2024, pour la première fois, 40% des
émissions des
émissions de C02
des ferries étaient concernées
par ce système, c'était 70% en
2025 et,
finalement 100% à partir de 2026. Cela signifie que les
compagnies
ne parvenant pas à réduire suffisamment
leurs
émissions devront acquérir des "droits
à polluer"
par un système d'échanges entre
opérateurs plus ou
moins émissifs ou acquitter sinon des
pénalités financières. Cette inclusion
par paliers
du secteur maritime dans le système ETS a
un coût croissant et très élevé pour les
compagnies (plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions
d'euros désormais chaque année, en fonction de
l'étendue de leur réseau et de leurs émissions de
gaz à effets de serrre). Comme explicité plus en
détail dans cet article
thématique,
cela se répercute immanquablement sur les tarifs
facturés aux clients finaux, qu'il s'agisse des passagers ou
du
fret des lignes de Corse et cela a déjà conduit à une
réduction de l'offre de transport en 2025. Malgré ces facteurs de renchérissement de
coût, la réduction de l'offre de transport et un contexte
économique global peu propice, le transport maritime a bien
résisté en 2025, avec une progression des flux de passagers
transportés de 1,0% sur les quatre premiers mois de la saison
d'été (mai à août) par rapport à la
même période de 2024 selon la CCI de Corse. Cela
représente au total près de 2,58 millions de voyageurs
maritimes sur cette période et environ 3,08 millions sur
les huit premiers mois de l'année 2025, un chiffre là
aussi en hausse de 1,3%. Cela s'explique essentiellement par les
excellentes performances commerciales réalisées par Ichnusa Lines sur la liaison Corse-Sardaigne (+16,1% avec 115 000 voyageurs à fin août) et par la Corsica Ferries
sur l'ensemble de ses lignes de Corse (+8,5% avec 2,08 millions de
voyageurs à fin août), alors que les autres armateurs
voient leurs trafics passagers stagner ou reculer.
Par ailleurs,si
certaines anciennes délégations de service public
Marseille-Corse sont toujours contestées en justice, car
attribuées de manière criticable aux
opérateurs historiques, celle actuelle en vigueur, qui couvre la période
2023-2029, a vu
ses
fondements confirmés par de récentes
décisions de
justice, ce qui donne de la visibilité pour
plusieurs années à La Méridionale
et plus encore à la Corsica
Linea, qui en est le principal
bénéficiaire. Toutefois, ce système gagnerait à
être profondément
revu pour
permettre de relancer l'économie de l'île
à un
coût soutenable pour la Collectivité et pour permettre
d'abaisser le tarif de transport pour les voyageurs,
notamment les résidents.
Dans ce contexte, la programmation estivale 2026 de
l'ensemble des compagnies desservant la Corse (Corsica Ferries, Moby Lines,
Corsica Linea
et La
Méridionale)
est progressivement révélée. De nouvelles lignes sont
ouvertes (Toulon-Propriano et Sète-Ajaccio) par la Corsica Ferries et au moins deux nouveaux navires font leur entrée sur les lignes de Corse. 2026 sera une année "très Stena", puisque le ferry Mega Serena de la Corsica Ferries, a été acquis auprès de la Stena Line, et le cargo mixte Capu Rossu de la Corsica Linea, mis
à disposition de la compagnie aux bateaux rouges par cette
même compagnie suédoise, à laquelle la Corsica Linea a rendu début 2026, le A Nepita, qu'elle affrétait jusqu'ici. Par ailleurs, le Kalliste de La Méridionale devient le Capu di Muru de la Corsica Linea, qui affrètera aussi le Massalia de La Méridionale pour ses lignes de Corse à compter de l'automne 2026 en remplacement du Vizzavona. Il devrait s'agir des principales nouveautés des mois à venir...
En 2026, la Corsica
Ferries
diversifie ses liaisons au départ de
Sète vers Ile Rousse et Ajaccio et de Toulon vers Propriano, remplace le Mega Express Five par le Mega Serena et envisage
de passer commande d'au moins un nouveau navire en vue d'une mise en service d'ici la fin de la décennie

L'arrivée à Bastia du Mega Victoria de la Corsica Ferries,
vue des hauteurs de la ville, en août 2025 ; photo : Romain
Roussel.
La Corsica Ferries a
ouvert à la vente le 9 octobre 2025 un premier programme
précis de
traversées pour la période d'hyper-pointe allant du 27
juillet au 6 septembre 2026 et l'a ensuite étendu courant
novembre à l'ensemble de l'année 2026 jusqu'au 27
septembre. Après cette date, seules figurent
à
ce stade certaines traversées, pour lesquelles il
est juste indiqué si
elles devaient être assurées de
jour ou de nuit, avec les plages
horaires auxquelles s'effectueront les départ et arrivées des
traversées déjà mentionnées. Les horaires de la Corsica Ferries comprennent une
marge de
sécurité permettant de substituer un
navire à l'autre en fonction de la demande sur chaque axe ou
de
rattraper d'éventuels retards dus aux opérations
portuaires ou à la météo.
Ils prennent aussi en compte les problématiques
de transition écologique, en privilégiant les
traversées de nuit et en ralentissant celles de jour, ce qui
permet de réduire sensiblement la consommation de carburant des
navires. De fait, la Corsica Ferries a réussi en 2025
à
réduire de plus de 30% ses émissions totales de
dioxyde
de carbone par rapport à l'année de référence 2018 grâce à cette
politique
active de modération de la vitesse de navigation de ses
navires,
lorsque l'atteinte d'une vitesse de pointe élevée
n'est
pas nécessaire, et de réduction du nombre de
rotations.
L'ouverture des réservations concerne les lignes de
Corse, mais
aussi celles de la Sardaigne et des Baléares
(Majorque et
Minorque). Bien que
les noms des
navires
assurant ces traversées
ne soient pas indiqués,
la programmation correspond, comme en 2025, à 10 ferries. A
noter que la desserte de
l'île d'Elbe n'est plus assurée depuis
2025, la
compagnie aux bateaux jaunes ayant cédé cette
activité et sa marque
Elba Ferries à sa concurrente BluNavy, qui a
aussi acquis en avril 2025 le dernier NGV de la compagnie aux bateaux
jaunes, le Corsica
Express Three, revendu en octobre 2025 à la compagnie Chypriote Pikessea Shipping Ltd.
Toutes
lignes confondues et une fois l'ensemble des traversées
programmées, les week-ends de pointe d'août, la Corsica Ferries a
programmé pour 2026 jusqu'à onze
rotations dans
chaque sens entre
la Corse et le
continent, ce qui reste de loin le réseau le plus dense sur
la
Corse, où ses ferries transportent près de deux passagers
sur trois. La compagnie aux bateaux jaunes pérennise en 2026 tout au long de l'été désormais les
liaisons
testées pour la première
fois en 2024 au départ de Sète, en
Occitanie, qu'elle
a relié pour la première fois au printemps 2024
à
Majorque (à raison d'une rotation par semaine
d'avril à juin vers Alcudia, en sus de celles depuis Toulon)
et
en juillet de cette année-là à Ile Rousse. La
programmation 2026 reconduit donc les rotations Ile
Rousse-Sète-Ile Rousse y compris désormais en plein mois d'août, assurées en juillet dernier par le Mega
Victoria et désormais également aussi par les Mega Andrea et Mega Smeralda.
En outre, en juillet 2026, elle assure aussi pour la première
fois des liaisons haebdomadaires de Sète vers Ajaccio (qui se
poursuivent ensuite vers Porto Torres, en Sardaigne), également
avec le Mega Smeralda. Sur ces lignes, les
traversées
s'effectuent la plupart de temps de nuit dans les deux sens et si elle juge la demande
suffisante, les premières traversées ayant connu un grand succès, la Corsica
Ferries
pourrait programmer dans un second temps d'autres escales
pendant l'avant saison ou l'après-saison 2026 comme ce fut
déjà le cas en 2025 (elle avait programmé en
sus
quelques traversées Sète-Bastia et
Sète-Ile Rousse au printemps et à l'automne).
L'autre grande nouveauté de la Corsica Ferries
pour la saison 2026 est le lancement de la nouvelle ligne
Toulon-Propriano, port de l'extrême sud situé sur la
côté ouest de la Corse au coeur du golfe du Valinco. Ce
port est désormais préféré certains jours par la compagnie
aux bateaux jaunes à celui de Porto Vecchio, situé
à seulement 75 km de celui-ci sur la côte est de
l'île, et dont l'approche maritime est bien plus simple et plus
courte, ce qui concourt aussi à la transition écologique
(Propriano est distante de Toulon de 162 miles nautiques, alors qu'il
en faut 210 par rallier Toulon depuis Porto Vecchio). La Corsica Linea n'avait pas fait un autre calcul en 2023 lorsqu'elle a troqué avec sa partenaire La Méridionale
la ligne Marseille-Porto Vecchio pour Marseille-Propriano. En fait, la
liaison Toulon-Propriano a été inaugurée par
anticipation par la Corsica Ferries dès l'automne 2025 (le Mega Andrea
a assuré la traversée inaugurale le 21 septembre 2025),
puis en saison creuse à partir de début novembre 2025
pour lancer la ligne. Par le passé, cette ligne avait autrefois été desservie par la SNCM, notamment par l'Île de Beauté dans les années 1990 et 2000, avant que cette compagnie ne se retire de Toulon.
S'agissant de la flotte de la Corsica Ferries, l'année
2026 s'inscrit sans rebondissement à venir dans la
continuité de la précédente pour la compagnie aux
bateaux jaunes. La Corsica Ferries y confirme le
déploiement sur ses lignes de ses mega cruise ferries issus de
la mer Baltique, où naviguent ses ferries de grande taille les plus confortables : après les Mega
Smeralda acquis en 2008, Mega
Andrea en 2015 et Mega
Regina
en 2021, le dernier acheté a été le Mega
Victoria, mis en service en 2023. De grande capacité (plus de 2 000 passagers) et
dotés
d'une nombre important de cabines (460 à 700), ces trois
derniers navires
naviguent surtout sur la Corse, principalement sur ses lignes
françaises de et vers Toulon et Nice. En pleine
saison, au mois d'août 2025, le Mega Smeralda est
exclusivement affecté aux autres lignes de la Corsica Ferries
au départ de Toulon, vers la Sardaigne (Porto Torres) et les
Baléares (Alcudia à Majorque, Ciutadella
à
Minorque). Les autres mega cruise
ferries desservent aussi
occasionnellement les Baléares depuis Toulon et la
Sardaigne, depuis Toulon ou Nice. En effet, la Corsica
Ferries
préfère depuis 6 ans maintenant faire
naviguer ses bateaux sur plusieurs
lignes au cours de l'année plutôt que de les
spécialiser sur une seule : nombre de ses clients,
principalement des lignes
de Corse, devraient donc pouvoir emprunter l'un ou l'autre de
ses
ferries la saison prochaine sur leur parcours
habituel à une date ou à une autre... Si le nom
des
navires
effectuant les traversées n'est plus mentionné
lors de la
réservation (ce qui permet à la compagnie de
substituer
un navire de plus grande capacité à un autre en
cas de
forte demande), il peut généralement
être vu plusieurs mois à l'avance sur les horaires
prévisionnels de certains ports (Bastia, Ile Rousse,
Toulon...),
accessibles sur la page des liens.
Sur les lignes italiennes, comme en 2025, il n'y a pas non plus de
navire dédié exclusivement à la
ligne Livorno-Bastia
pendant l'été, le Corsica
Marina Seconda
ayant été vendu début 2025 à la
compagnie Tarco Marine qui navigue désormais en mer Rouge. La ligne
Livorno-Bastia reste
néanmoins desservie de manière très dense en saison jusqu'à
deux
fois par jour par les différents Mega
Express
de la
compagnie qui se
relaient sur cette desserte (et sur celle de la Sardaigne depuis
Livorno) à des horaires variables. En 2026, comme l'année passée, la Corsica Ferries
propose aussi en haute saison un aller-retour Piombino-Bastia notamment les
samedis, en Mega
Express également
(la traversée ne durant que 3h15 et étant la plus
courte
sur la Corse), et ponctuellement, quelques rotations en milieu de semaine. La Corsica
Ferries confirme aussi son offre au départ de
Livorno et Piombino vers la Sardaigne en proposant jusqu'à 3
départs les samedis de pointe durant la saison 2026, comme en 2025 (à bord d'au moins quatre
navires de grande capacité, les Mega
Express, Mega
Express Two,
Mega
Express Four et le nouveau Mega Serena, ex-Stena Vision de la compagnie suédoise Stena Line, qui vient remplacer le Mega
Express Five). Conçu pour les lignes de la Baltique pour la très renommée compagnie suédoise Stena Line, le Mega Serena, n'est autre que l'ex-Stena Vision, initialement construit sous le nom de Stena Germanica pour la ligne phare Kiel-Göteborg (Allemagne-Suède) qui
naviguait ces dernières années entre Cherbourg et
l'Irlande (Rosslare). Doté d'une importante capacité de
roulage (2 000 mètres linéaires sur deux niveaux
superposés pouvant accueillir du fret), ce navire est
particulièrement adapté au transport de véhicules
en grand nombre (plus de 600) et est doté également de
nombreuses cabines (au moins 475, avec salle de bains, au-dessus des
ponts garage) et, après adaptation aux lignes corses et sardes,
devrait pouvoir accueillir jusqu'à 2 000 passagers par voyage. Il devrait entrer en service poiur le compte de la Corsica Ferries au printemps 2026, tandis que le Mega Express Five est sorti de flotte début janvier 2026. Il a été vendu à la société canadienne Bridgemans et servira d'hôtel flottant itinérant, après transformation à Naples, sous le nom de Mega X.

Le Stena Vision, désormais Mega Serena de la Corsica Ferries, arrivant à Cherbourg en août 2024 et qui remplace le Mega Express Five ; photo : Peter Og Connie Therkildsen
Sur les lignes françaises, en 2026 encore, en haute saison,
les
traversées deviennent plus fréquentes de
et
vers Toulon mais aussi de et vers Nice, ce dernier port que la Corsica Ferries
relie principalement à
Ile Rousse en haute
saison grâce
à ses Mega
Express
(mais aussi, plus ponctuellement, à Bastia, Ajaccio et Porto
Vecchio),
le port d'Ile Rousse bénéficiant de la
traversée
la plus courte depuis le continent français : à
partir de
5h de traversée depuis Nice. Depuis
l'été 2025, le Mega
Express Three est venu
s'ajouter aux autres navires de la compagnie, principalement sur
Toulon-Ajaccio, tandis que le Pascal
Lota est
désormais plus largement présent à Bastia et à
l'Ile
Rousse, depuis Toulon et Nice. Le port varois
bénéficie donc entre Corse, Sardaigne et
Baléares, de 4 à 6 escales de bateaux jaunes en
été, ce qui constitue, avec Bastia, le hub principal de la
Corsica Ferries.
En outre, sur la Sardaigne depuis le continent français, les
traversées entre Nice, Toulon et Porto Torrres sont assez nombreuses à l'été 2026, comme en 2025 (4 rotations
par semaine en périodes de
pointe) et davantage assurées de nuit dans le sens
plein les
week-ends de pointe que jusqu'en 2024.
Pour
répondre à une demande croissante de ses
passagers de pouvoir disposer d'une cabine, la Corsica Ferries
vise depuis quelques années à accroître
la capacité en installations
couchées de sa flotte, qui atteint désormais la
7ème place au niveau
mondial, selon le classement établi par la revue de
référence suédoise Shippax. Cela passe
non seulement par l'acquisition de cruise
ferries
de la Baltique, conçus pour les traversées de
nuit, mais aussi par des
améliorations apportées aux navires
déjà en flotte. Ainsi, le navire
amiral de la compagnie, le Pascal
Lota,
a-t-il vu ses installations passagers repensées en 2023 afin
de
porter son nombre de cabines de 296 à 330
unités, pour une capacité en
véhicules et passagers inchangée, ce qui permet
d'accroître le confort
de la traversée. La plupart des autres navires de type Mega Express
de la compagnie ont aussi vu leur capacité couchée
légèrement accrue, par l'installation de nouvelles
cabines en remplacement de certains espaces dédiées
jusqu'ici à des salons de fauteuils pullman, dont la
capacité a été réduite.
Par ailleurs, la presse italienne s'est fait écho courant
septembre 2025 d'une possible réactivation du projet de
construction de navires neufs, que la Corsica Ferries avait évoqué à l'occasion de ses 50 ans en 2018 avant de suspendre le projet conçu par Naos
lors de la crise du COVID-19. Sous réserve de confirmation, la
commande officielle n'étant pas passée à ce jour,
la prospection de chantiers potentiels en Chine étant encore en
cours, il pourrait s'agir du premier navire neuf commandé par la
compagnie depuis les Mega Express et Mega Express Two,
inaugurés en 2001. Un premier ferry, compatible avec les
dimensions maximales admissibles sans restriction au port de Bastia
(180 mètres) pourrait être mis en service à
l'horizon 2029. Selon la presse italienne, et sous réserve
d'affinement de ses caractéristiques, le navire pourrait
transporter environ 500 voitures et 2 200 passagers et être
doté d'un nombre élevé de cabines (jusqu'à
500, sous réserve de confirmation). Il serait susceptible
d'être suivi par un, voire deux navires jumeaux les années
suivantes si cette première construction est concluante.
Au-delà de la mise en service récente de
ces nouveaux navires, plus écologiques (le
Mega Regina dispose à la fois de filtres
à particules visant à
réduire de
60% les émissions d'oxyde d'azote dans l'air et
d'un branchement électrique à quai - utile dans les
ports qui en
sont équipés, comme Toulon - dont elle équipe progressivement ses autres ferries) la compagnie aux
bateaux jaunes déploie
depuis plusieurs années
une
stratégie de développement durable,
appelée Yellow
Cares (voir détails
sur le site de la compagnie). Cela se
traduit par diverses actions : des
mesures concernant directement les navires
(réduction du nombre de traversées et de la
vitesse des navires, suppression totale de
l'usage des matières plastiques à usage
unique après celle des sacs plastiques...), partenariats
accrus avec des organisations environnementales (notamment concernant
le repérage des cétacés en
Méditerranée lors de traversées,
grâce
notamment à la fondation CIMA)
et des engagements de forte réduction des
émissions de
matières polluantes, qui ont donné des
résultats
concrets, même si les rvierains toulonnais l'incitent à
aller plus loin. Pour aller plus loin, elle pourrait convertir
plusieurs
de ses Mega Express -
on ignore encore lesquels et selon quel calendrier
précis, les incertitudes techniques sur les
motorisations
optimales des navires étant encore grandes -
à une propulsion innovante, par exemple mixte
GNL-méthanol ou à les doter de nouvelles
hélices
optimisées à leur nouvelle vitesse de navigation (ce qui serait possiblement déjà le cas sur un navire non précisé).
Enfin, début 2023, la Corsica Ferries a
fait l'acquisition
d'un cargo (construit en 2018 et pouvant transporter
à la fois remorques et conteneurs suivant un concept
innovant), le Rosa dei
Venti, qu'elle loue à la compagnie sarde Grendi, et a pris
des participations dans la société Neoline.
Cette société a développé un nouveau
concept de
cargo à voiles, le Neoliner Origin,
qui après une escale inaugurale à Bastia puis une autre
à Marseille, dessert désormais l'Amérique
du nord
depuis la France à une vitesse de 11 noeuds, en
réduisant de 80% les émissions de dioxyde de
carbone par
rapport à un navire classique. Ce concept pourrait
à
terme inspirer la conception de futures
générations de
ferries, en constituant par exemple un système de propulsion
d'appoint pour les rendre encore plus sobres...
En 2026, Corsica Linea met en service au printemps le nouveau E-Flexer Capu Rossu, affrété à Stena Line, en remplacement du A Nepita, et affrèterait le Massalia à La Méridionale à compter de l'automne en remplacement du Vizzavona!
Le départ de Bastia du A Galeotta, de la Corsica Linea, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel. Premier navire propulsé au GNL, A Galeotta est donc rejoint sur les lignes de Corse par le Capu Rossu en
2026, avec lequel il desservira en alternance les lignes
Marseille-Ajaccio et Marseille-Bastia à compter de la mise en
service de ce dernier.
La Corsica
Linea a succédé depuis avril 2016
à l'ex-opérateur historique de la Corse, la SNCM,
disparue au début de cette année-là. Après
de multiples épisodes, les lignes maritimes
de la délégation de service public, principalement
orientées pour le transport du fret mais qui transportent aussi
des passagers et leurs véhicules, ont été
attribuées par la Collectivité de Corse fin 2022 principalement à cette compagnie, et secondairement à La Méridionale, pour la période
2023-2029.
De même que les tarifs du fret ont augmenté sur
Marseille-Corse, au grand dam des transporteurs (le tarif du
mètre linéaire est passé de
35€ à
40€, soit une hausse de près de 15%), le
coût pour la
Collectivité
de Corse a aussi été revu
très sensiblement à la
hausse (plus de 900 millions d'euros de subventions publiques au total sur 7 ans au bénéfice exclusif de la Corsica Linea et de La Méridionale, avec les
rallonges annuelles votées), en raison de
l'explosion des coûts du carburant intervenue entre-temps,
que
les compagnies délégataires ont fait combler par
les deniers publics.
Cette dernière
réattribution en date des lignes a aussi conduit à une
réallocation
des lignes entre codélégataires, en vigueur pour 7 ans également depuis début 2023 : la Corsica
Linea se
concentre depuis sur Marseille-Bastia (avec
deux navires), Marseille-Propriano (jusqu'à fin 2022 l'apanage de La Méridionale, avec
un navire) et Marseille-Ile Rousse (un navire) et La Méridionale
sur Marseille-Porto Vecchio (jusqu'à fin 2022 desservie par la Corsica Linea, avec
un navire), les deux compagnies se partageant Marseille-Ajaccio (un
navire chacune).
Dans ce
contexte de stabilité durable de l'organisation
de la desserte
maritime Marseille-Corse jusqu'à la fin 2029, les
réservations de la Corsica
Linea
pour l'été 2026 ont
été ouvertes le 25 septembre 2025. A la compagnie aux bateaux rouges,
la principale nouveauté pour 2026 est
l'entrée en service d'un nouveau cargo mixte, construit en Chine
et dont le nom a été révélé
courant septembre 2024 : il s'agit du Capu
Rossu. En effet, la compagnie aux bateaux rouges a annoncé le
10
janvier 2024 que la filiale Stena
RoRo de Stena
Line avait
commandé un 13ème navire de la série
des E-Flexer en
vue de le louer avec option d'achat à la Corsica
Linea à
compter de sa livraison, annoncée pour mars 2026 sur
les lignes de Corse, pour une mise en service annoncée mi-juin
(la première traversée de ce navire est à ce stade
prévue sur la ligne Marseille-Ajaccio le 15 juin 2026, son
inauguration officielle devant toutefois intervenir dès le mois
de mai).
Propulsé au gaz naturel
liquiéfié (GNL), à l'instar du A
Galeotta,
ce nouveau navire apporte une plus grande capacité de transport,
avec 2 500 mètres linéaires de garage pour le fret sur 3
niveaux (soit environ 120 remorques de fret et 180 voitures) et 1
035 passagers. Si sa capacité marchandises s'inscrit
dans le haut de la moyenne des cargos mixtes desservant la Corse, elle
reste toutefois assez limitée au regard des maxi-navires
lancés par exemple ces dernières années par la Moby et GNV pour
les lignes sardes, qui comptent jusqu'à 3 800 mètres
linéaires de fret. Sa capacité voyageurs en fait un des
navires mixtes de plus grande capacité sur la Corse, avec le Jean
Nicoli (1 300 passagers), même si ces niveaux restent nettement inférieurs à ceux des ferries classiques de la Corsica Linea déployés sur les lignes du Maghreb (jusqu'à 2 780 passagers pour le ferry Méditerranée,
affecté à la ligne Marseille-Alger, et 2 200 passagers pour le Danielle
Casanova, dédié à la ligne Marseille-Tunis). Le nouveau Capu Rossu se
veut un navire modulaire et fonctionnel, qui contribue à la
réduction de l'impact environnemental de la compagnie, qui s'est
fixé un objectif ambitieux de réduction de 40% de ses
émissions de gaz à effet de serre à l'horizon
2030, par comparaison à l'année de
référence 2018. Comme A
Galeotta, ce nouveau navire n'a pas besoin d'épurateurs
de fumée, qui équipent la plupart des autres
navires de la Corsica
Linea, pour respecter les nouvelles normes
environnementales (pour mémoire, ces scrubbers ouverts
avaient déclenché une polémique
à
l'hiver 2022-2023 en raison des rejets d'eau acidifiée,
potentiellement nuisibles à la flore marine, qu'ils
provoquent, notamment en proximité des côtes, en
raison de
dérogations de rejets en mer de plusieurs
années accordées
à la compagnie aux bateaux rouges par les
autorités françaises...).
Son
entrée en service entraîne un redéploiement en
cascade des autres cargos mixtes de la compagnie sur la Corse et, de sorte à maintenir sa flotte au
maximum 9 navires annoncé, à la
sortie de flotte du A
Nepita. Ainsi, à compter de la saison 2026, le Capu Rossu est logiquement affecté en alternance aux deux plus importantes lignes insulaires
pour le fret, Marseille-Bastia et Marseille-Ajaccio, où il navigue en duo principalement avec les A Galeotta et Pascal
Paoli. À noter que, comme pour le A Galeotta, desservir le port de Bastia ne va pas de soi pour un navire de la longueur du Capu Rossu, puisqu'avec près de 203 mètres, il reste en théorie trop long pour ce port, où les
navires doivent faire moins de 180 mètres pour pouvoir accoster
de manière régulière, mais la Corsica Linea
at obtenu une autorisation dérogatoire permanente pour ce
faire. Cette entrée en flotte entraîne la sortie de flotte du A Nepita, également affrété jusqu'ici par la Corsica Linea à Stena Line, et jusqu'ici positionné sur Marseille-Propriano pour effectuer a minima ses trois allers-retours réglementaires par semaine de nuit et un peu davantage en haute saison. A Nepita desservira sous un autre nom le Canada au sein de la compagnie Marine Atlantique qui l'a aussitôt affrété à Stena Line. Il sera remplacé sur la liaison Marseille-Propriano par le Vizzavona, affrété auprès de l'armateur italien Grimaldi Lines
en théorie jusqu'en 2028 (son retour en mer Baltique au sein de la filiale finlandaise Finnlines de Grimaldi avait
un
temps été annoncé pour
l'automne 2023, mais son contrat de location a finalement
été prolongé) mais finalement sans doute
plutôt jusqu'à la fin de la saison 2026 seulement, la Corsica Linea devant à compter de septembre 2026 affréter le Massalia de La Méridionale, avec son équipage, pour cette ligne. Pour
la saison 2026, contrairement aux premières indications
données sur le site de la compagnie aux bateaux rouges, le Monte
d'Oro devait être reconduit sur Marseille-Ile Rousse, port qu'il dessert de
longue date, mais sera finalement être remplacé dès la mi-avril par le Capu di Muru, qui n'est autre que l'ex-Kalliste, acquis en mars 2026 par la Corsica Linea auprès de La Méridionale. C'est donc bien de nouveau le Paglia
Orba,
qui devrait servir cette année encore de navire de réserve et
d'appoint et qui pourrait de nouveau effectuer, comme c'est le cas de
depuis l'été 2023,
une centaine de rotations supplémentaires entre
Marseille et la Corse durant les saisons d'été (à l'été 2025, il avait en particulier servi de
navire
d'appoint sur Marseille-Bastia, Marseille-Ajaccio et
Marseille-Propriano).
Ces rotations supplémentaire pour la saison d'été
sont généralement programmées courant avril.
Quant au Jean Nicoli, dont
il avait
été
annoncé lors de la dernière reconduction de la
DSP qu'il
devrait
être remotorisé à l'horizon 2027 pour
le rendre
plus sobre, ce cargo mixte était de plus en plus utilisé
sur les
lignes algériennes de la compagnie en renfort du
Méditerranée, notamment au départ du port de
Sète, qui était venu s'ajouter à la desserte
traditionnelle
depuis Marseille mais dont la desserte pourrait être
reconsidérée en 2026 au vu de la montée en charge
de l'italien GNV sur les liaisons entre Sète et
l'Algérie, ouvertes en 2025 (un mouvement social est intervenu
à ce propos sur ce navire de la Corsica Linea amarré à Sète en octobre 2025).
La Méridionale continue en 2026 sur la Corse avec seulement deux navires mixtes et se sépare du Kalliste, vendu à la Corsica Linea sous le nom de Capu di Muru, ce dernier venant en remplacement du Monte d'Oro
Le Kalliste de La Méridionale à
quai à Toulon, en avril 2024 ; photo : Jean-Pierre Fabre. Ce
navire, affecté en 2025 à la ligne Marseille-Nador,
arrêtée à l'issue de la saison, a finalement
échappé à la démolition, ayant été vendu par La Méridionale à la Corsica Linea pour le compte de laquelle il opère sous le nom de Capu di Muru.
Après
de nombreuses turbulences consécutives à la perte
de ses
lignes principales de fret (Marseille-Bastia et Marseille-Ajaccio, fin
octobre 2019) et
aux mouvements sociaux qui s'en sont suivis, La Méridionale avait
été fortement fragilisée avant d'être finalement rachetée en juin 2023 au
troisième armement maritime mondial CMA-CGM,
également basé à Marseille. Néanmoins, absente
depuis plus de 5 ans du principal port de fret de l'île, Bastia, sa
présence est
réduite à deux
navires
sur les lignes de Corse. Elle se développe en revanche entre Marseille et le Maroc avec un nouveau navire, l'ex-Normandie
de Brittany Ferries de 1991, rebaptisé Massalia
et placé sur Marseille-Tanger depuis juin 2025. Cet achat a permis à La Méridionale de se séparer du Pelagos, vendu à une compagnie égyptienne
et d'ouvrir simultanément une nouvelle ligne avec le Maroc,
reliant Marseille à Nador, assurée à l'été 2025 par le Kalliste
et fermée à l'issue de la saison. Ce navire, dont il avait été annoncé qu'il serait
vendu à la
démolition en janvier 2026, a finalement été cédé à la Corsica Linea et remonné Capu di Muru. Par
ailleurs, le management a de nouveau changé à La Méridionale
(Maria Harti, nommée
début 2024 à la tête de la compagnie, ayant
été
remplacée temporairement à l'automne 2025 par Damien
Mazaudier à titre transitoire, puis par Etienne Melliani en
janvier 2026). Dans ce contexte, les deux lignes de La Méridionale entre
Marseille et le Maroc seraient fermées (ou tout du moins
suspendue à l'issue de la saison 2026, pour ce qui est de la
ligne Marseille-Tanger) et le Massalia finalement affrété, avec son équipage, à la Corsica Linea pour desservir la Corse durant la saison 2026.
Sur la Corse, la compagnie a dû faire
face à
l'expansion
continue de la flotte de Corsica
Linea, avec laquelle une forme de "divorce" a
été
consommée : ainsi, les deux compagnies
disposent désormais de systèmes de
réservation séparés (un
système unique
était jusqu'en
2019 géré
par la Corsica Linea
pour le compte des deux compagnies) et
ne desservent plus qu'une seule ligne en commun
(Marseille-Ajaccio), alors que c'était
traditionnellement aussi le cas sur Marseille-Bastia de très
longue date (autrefois en
partenariat avec la SNCM,
avant 2016). Aussi, pour la saison 2026, La Méridionale
joue-t-elle la carte de la continuité, avec la desserte
Marseille-Ajaccio toujours assurée par son navire amiral, le Piana, et Marseille-Porto Vecchio, où cette compagnie a désormais un monopole de fait, avec le Girolata. En effet, au terme de la délégation de service public (DSP), La Méridionale
ne devrait plus desservir jusqu'à fin 2029 dans le cadre de la DSP maritime
Marseille-Corse 2023-2029 que ces deux
ports du sud Corse (le Piana avait
pourtant été conçu pour la ligne
Marseille-Bastia, sur laquelle il naviguait
jusqu'à l'éviction de la compagnie de cette ligne
à l'automne 2019).
Elle
avait bien tenté une diversification en 2024, avec
l'inauguration au printemps de cette année-là d'une ligne
hors DSP, Toulon-Ile Rousse, assurée alors par le Kalliste
et qui devait initialement se prolonger à
l'année
(ce qui est obligatoire pour pouvoir la desservir, les lignes
Toulon-Corse étant régies par des
obligations de
service public définies par la Collectivité de Corse,
qui prévoit une fréquence minimale de 1
rotation par
semaine en basse saison, afin d'éviter un
phénomène de prédation des lignes de
Corse par des
opérateurs qui ne viendraient les desservir qu'en saison). A raison de 3
à 4 rotations par semaine, principalement de nuit, cette liaison, était en
concurrence
directe avec celle opérée par la Corsica Ferries.
Toutefois, elle venait aussi
concurrencer indirectement la ligne de service public
Marseille-Ile Rousse attribuée à la Corsica Linea. Pour
cette raison, l'annonce de l'ouverture de cette ligne par La Méridionale
avait provoqué une grève de plusieurs
jours à
la Corsica Linea
et à La
Méridionale
mi-mars 2024. Prolongée jusqu'à Livorno,
à
l'été 2024, elle a finalement
été
fermée
fin septembre 2024. En effet, les grévistes avaient
obtenu de La
Méridionale qu'elle
n'emporte pas du tout de fret sur le tronçon
de route reliant Toulon à Ile Rousse, de telle sorte que la
ligne ne puisse venir concurrencer la liaison Marseille-Ile Rousse de Corsica Linea subventionnée
pour le transport des marchandises et ainsi faire la
démonstration que le service
public maritime ne nécessite pas de subventions pour
être assuré à l'année.
Dès lors, la liaison Marseille-Ile Rousse n'était
plus viable hors saison en étant
réservée au seul transport de passagers,
d'où sa
fermeture.
Il s'agit toutefois a priori en 2026 de la dernière année de statu quo. En effet, s'il reste bien à l'avenir aux commandes de la compagnie, le nouvel actionnaire CMA-CGM a, dès la reprise de La Méridionale en 2023, annoncé la commande à un chantier chinois de deux nouveaux cargos mixtes plus
écologiques et très luxueux pour La
Méridionale,
qui devraient être mis en service sur les lignes de Corse en
2027. D'une capacité de 2 181 mètres
linéaires
pour 1 000 passagers, leur design
extérieur et leurs caractéristiques
générales semblent inspirés de ceux
des navires
que la SNCM
entendait commander au milieu des années 2010 mais qui n'ont
finalement jamais pu être construits, du fait de la liquidation
judiciaire
de la compagnie, intervenue début 2016. En attendant, La Méridionale a révélé le nom de ces futurs navires, qui seront baptisés Albanova et Azura,
ce qui a d'ailleurs déclenché une nouvelle
polémique avec le syndicat des travailleurs corses (STC), qui les juge
sans références suffisamment probantes à la Corse. Si tout va
bien, ces navires devraient donc remplacer les Piana et Girolata sur
les lignes de la DSP Marseille-Corse à l'horizon 2027, ces
derniers étant destinés à cet horizon à
desservir d'autres lignes encore à préciser. Cela
reste toutefois finalement à confirmer, car le groupe CMA-CGM
serait possiblement à la recherche d'un acquéreur pour au
moins un de ces deux nouveaux navires à la suite du changement
de direction de La Méridionale, pour des raisons de rentabilité...
La compagnie poursuit aussi activement sa
transition écologique. Soucieuse de l'environnement, La Méridionale a été la
première à
bénéficier de la connexion du courant
à quai
à Marseille (dès 2017, lors des escales longues
de ses
navires qui passent la journée à quai)
et a expérimenté à l'automne 2018 un
système
de raccordement permettant aussi de limiter les émissions
polluantes sur le port d'Ajaccio. En outre, en vue du durcissement des
normes d'émissions de polluants dans l'air,
elle a expérimenté à
compter du
printemps 2019 un
nouveau système de filtre à particules sur un des moteurs du Piana,
qui a
donné d'excellents résultats. Aussi a-t-elle
décidé à l'automne 2021 de
déployer ce
dispositif sur l'autre moteur du navire, avant de le valider
officiellement en septembre 2022 et de pouvoir aussi faire de Piana le navire le
moins polluant de Méditerranée. Ce
système, à
base de bicarbonate de soude, conçu par Andritz et Solvay, permet d'épurer les
fumées émises et pourrait constituer
une alternative avantageuse aux scrubbers, critiqués
pour leurs rejets en mer et leur manque d'efficacité. Ce
dispositif permet d'aller au-delà des nouvelles
normes environnentales et d'éliminer "en plus des oxydes de
soufre, 99 % des particules fines" d'après les responsables
de la compagnie, même s'il ne permet hélas pas de
réduire aussi les émissions de dioxyde de carbone. Il
avait alors été annoncé que ce
système, qui nécessite de
lourdes et coûteuses adaptations, aurait dû être installé aussi sur le Kalliste, mais cela n'est pas intervenu avant sa cession... La
Méridionale
adhère d'ailleurs depuis octobre 2020 au label Green
Marine Europe,
programme volontaire de certification environnementale reconnu
à six armateurs européens (dont
également Corsica
Linea
et Brittany
Ferries)
qui s'engagent à mesurer leur empreinte environnementale
pour mieux la réduire.
Pour la saison 2026, la Moby continue
de réduire sa présence sur les lignes de Corse
après la cession de nombreux navires et se retire notamment
d'Ajaccio

Le départ de Bastia du Moby Orli,
en juillet 2025, vu des hauteurs de la ville ; photo : Romain Roussel.
Ce cruise-ferry de la Baltique sera remplacé sur
Livorno-Bastia en 2026 par le Moby Kiss.
Un premier programme de
rotations de la Moby pour
2026 a été
commercialisé de manière très précoce, dès le 19 septembre 2025.
Contrairement à celui de 2025, ce programme préliminaire pour
l'été 2026 ne prévoit plus aucune liaison hebdomadaire de et vers
Ajaccio en milieu de semaine en saison, qui avaient été assurées en
alternance par le Moby
Tommy et le Moby
Ale Due durant la saison 2025. Si cela se confirme dans les mois à venir, cela signifierait la fin de la présence de la Moby à Ajaccio. La compagnie à la baleine bleue avait
pourtant inauguré en grande pompe l'escale
intermédiaire
Ajaccienne de ses navires affectés à la desserte
de la
Sardaigne (Genova-Porto Torres), assurée avec
difficulté
durant la
saison 2024. Comme en 2025, ne figure
pas non plus cette année la liaison Piombino-Bastia, uniquement desservie par la Corsica Ferries en été. Cette ligne avait aussi
été assurée par la Moby dans des conditions
dégradées les
week-ends d'été 2024 par le Moby
Corse, désormais
vendu, puis par le Moby
Niki,
principalement affecté à la liaison de
l'île d'Elbe
depuis le continent italien (Piombino-Portoferraïo).
La desserte Genova-Bastia de la Moby reste
en 2026 assurée de manière réduite, uniquement de jour et sans
traversées de nuit (cette liaison était jusqu'en 2024
principalement assurée de
nuit
dans le sens de plus forte
affluence et de jour, en 7h30, dans le sens creux). Depuis 2025,
contrairement à ce qui avait été
observé en
2024, la
période de
desserte est raccourcie de la fin mai à la mi-septembre. En compensation de cette totale absence de
desserte nocturne, laissant la part belle aux liaisons de nuit
Savona-Bastia de la Corsica
Ferries qui restent assurées tous les soirs
dans les deux sens durant tout l'été
2026, les Moby Aki
et Moby
Wonder,
assurent comme à l'été 2025 quelques
traversées Genova-Bastia de jour un peu au-delà
des seuls week-ends, avec une vitesse légèrement
réduite (5h15 à 5h30 de traversée, au
lieu de 5h
en 2024 et 4h dans les années 2000). A noter que ces deux
navires emblématiques ne sont désormais plus
propriété de la Moby mais vendus en bloc avec trois autres navires de la Tirrenia et réaffrétés chacun pour 15 ans au prix de 15 000€ par jour, pour couvrir ses dettes. En outre, le Moby
Orli
qui
desservait durant la saison 2026 la ligne Livorno-Bastia de jour en 4h30, passe
désormais exclusivement sur les lignes sardes de la compagnie,
et est remplacé par un navire dénommé dans un premier temps Vessel 3
dans les horaires de la compagnie pour 2026 et qui est finalement le Moby Kiss,
qui avait déjà assuré cette desserte en 2019. Le Moby Kiss offre des prestations
inférieures
à son prédécesseur, qui comportait de nombreuses
cabines et salons confortables, le Moby Kiss ne proposant aucune
cabine. La compagnie lui a trouvé un remplaçant
de pluis petite taille pour les lignes de l'île d'Elbe, qui n'est autre que le Giraglia,
bien connu des lignes de Corse pour avoir assuré, non sans
difficulté, la liaison Bonifacio-Santa Teresa pendant de
nombreuses années et qui revient donc sur sa ligne originelle Piombino-Portoferraïo.
S'il devait être confirmé sur les lignes de Corse
pour l'été 2026,
Cette présence réduite sur les lignes Italie-Corse est
due à la sévérité de son plan de
restructuration, qui l'a fait se séparer depuis la fin de la
saison 2024 d'un nombre inédit de navires, affectés
jusqu'ici à ses différentes dessertes : le Moby
Vincent, démoli en
Turquie,
puis le Bastia, vendu à la compagnie italienne AliLauro pour la desserte de fret dans le golfe de Napoli, et ensuite les Moby
Corse, Moby Ale et Moby
Baby Two également vendus en 2024, ces deux derniers pour la
démolition. Rebaptisé Santa Cruz par son nouvel acquéreur, l'ex-Moby Corse devait desservir l'Algérie depuis Sète en 2025 mais la ligne de la nouvelle compagnie l'Aures
n'a jamais vu le jour et le navire est de nouveau mis à la vente. L'hécatombe a
continué courant 2025 avec la vente pour la démolition du
Moby
Dada,
jusqu'ici affecté aux lignes sardes mais qui avait aussi
desservi la ligne Genova-Bastia il y a quelques années, puis la
cession des Moby
Drea (censé être désiamanté et dont l'avenir est encore incertain) et du Moby
Zazà, qui sert désormais d'hôtel flottant en Malaisie, de même que le navire jumeau du Moby Drea, le Moby Otta,
jusqu'ici affecté également jusqu'ici aux lignes sardes,
mais finalement vendu aussi en octobre 2025 et renommé Elpis. Enfin, la Moby devrait fusionner avec l'autre
ex-grande compagnie du groupe,
la Tirrenia,
dont le nom commercial s'efface progressivement, cette fusion
répondant à la nécessité
de mieux
contrer la concurrence grandissante
du groupe Grimaldi Lines sur
les lignes sardes et siciliennes.
Cette fusion sous le nom de Moby pourrait
s'accompagner de nouvelles sorties de flotte d'ici la fin 2026,
trois autres navires de l'ex-Tirrenia
(les Janas, Athara, Moby Otta et Moby Ale Due) ayant été
cédés en décembre 2025 au concurrent GNV, qui a également acquis les Moby Wonder et Moby Aki, le tout pour 229,9 millions d'euros, avec pour ces deux derniers navires, l'obligation de les louer à la Moby pendant
au moins 15 ans sans en changer les noms, au prix de 15 000€ par
jour (coque nue, hors équipage et carburant, donc). La Moby
dispose donc pour la saison 2026 d'une
capacité sensiblement réduite, sans
grande possibilité de
substitution de navires en cas d'avaries (sur la Sardaigne, ne sont plus en ligne donc en 2026 les Janas, Athara, Moby Otta et Moby Ale Due, sortis de flotte fin 2025 ; en revanche des navires désignés dans un premier temps sous les noms provisoires de Vessel 1 et Vessel 2 prennent leur relai, très probablement les Raffaele Rubattino et Vincenzo Florio de la Tirrenia, jusqu'ici déployés sur la ligne historique Napoli-Palermo que la Moby a décidé de fermer fin 2025...).
Sur les lignes
corso-sardes enfin, la Moby
est en concurrence, sur Bonifacio-Santa Teresa di Gallura, avec Ichnusa Lines (qui
a repris le navire Ichnusa
de la BluNavy, qui avait
elle-même succédé à la Saremar il y a
quelques années). Alors que la Moby continuait à desservir la ligne
Bonifacio-Santa Teresa avec le Giraglia,
les nombreux incidents et
interruptions du service (le trafic de la Moby
sur cette liaison n'a
pas pu être assuré du tout au mois de juillet 2024
et, pendant l'hiver 2024-2025, le trafic est resté plusieurs mois interrompu sur cet axe, obligeant la Moby à dépêcher le Moby Zazà - désormais vendu - sur une ligne éphémère ayant relié Porto Vecchio à Golfo Aranci)
ont
fait que la compagnie a annoncé des changements pour 2025.
Elle
y a finalement inséré le Bunifazziu
début septembre 2025, ce navire ayant un peu tardé
à être adapté à la navigation dans les eaux
internationales. Il s'agit de l'ex-Liburna, jusqu'ici
en service entre l'Italie et l'ïle d'Elbe pour le compte de la
Toremar
(filiale de la Moby
subventionnée par la région Toscane pour le
service de
cette île), que la Moby a passé sous ses couleurs
et
rebaptisé Bunifazziu.
Ce navire est confirmé sur cet axe pour 2026, même si de
nouvelles interruptions de service ont déjà
été constatées depuis janvier.

Les Pascal Paoli de la Corsica Linea et Mega Express Four de la Corsica Ferries, à Bastia, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel.
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