Mare Nostrum Corsica 
- Les nouveautés 2026 sur les lignes de Corse -

Saison 2026 : une offre de transport dans la continuité de celle de 2025 et des nouveautés très Stena Line !

Les départs successifs de Bastia du Paglia Orba de la Corsica Linea et du Mega Express Two de la Corsica Ferries, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel
Les départs successifs de Bastia du Paglia Orba de la Corsica Linea et du Mega Express Two de la Corsica Ferries, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel.


L'année 2025 a finalement été moins mouvementée sur les lignes de Corse qu'annoncé par certains médias : en particulier, contrairement à ce que certaines rumeurs laissaient entendre, il n'y a pas eu de rachat de la Corsica Ferries par le groupe marseillais d'envergure mondiale CMA-CGM et celui-ci ne s'est finalement pas retiré, tout du moins à date, de La Méridionale. En revanche, le plan de restructruration de la Moby Lines entré en vigueur est allé plus loin que celui annoncé en 2022 dans un précédent article thématique. En effet, la contrainte financière s'accentuant du fait notamment des nouvelles normes environnementales, la Moby s'est séparée d'un nombre inédit de navires en quelques mois de fin 2024 à début 2025, puis de nouveau fin 2025 (voir détails ici). Toutefois, l'armateur italo-suisse de taille mondiale MSC, qui en avait pris le contrôle à 49%, a finalement dû céder ses parts fin 2025 à l'armateur historique de la compagnie Onorato Armatori pour échapper à des sanctions de l'Autorité de la concurrence italienne (en effet, MSC est déjà propriétaire de la compagnie italienne GNV, qui étend fortement son réseau en Méditerranée occidentale et un abus de position dominante était à craindre sur les lignes maritimes reliant l'Italie continentale à la Sardaigne et à la Sicile).

Quoi qu'il en soit, le principal défi de l'année et de la décennie reste la transition écologique. Les armateurs doivent
en particulier prendre des mesures fortes de décarbonation. En effet, de nouvelles normes environnementales, tant de l'Union européenne que de l'Organisation maritime internationale (OMI), s'imposent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour améliorer la qualité de l'air. Une première étape était entrée en vigueur dès février 2020, avec de nouvelles normes environnementales sur les carburants. Puis, la Méditerranée est passée à son tour au 1er avril 2025 en zone SECA (à faible émission de soufre des navires), ce qui a induit sur les lignes de Corse l'utilisation de carburants moins soufrés (0,1% maximum, contre 0,5% auparavant) mais plus coûteux pour les compagnies. En outre, l'inclusion progressive du transport maritime dans le système européen des quotas d'émissions, l'ETS, s'achève en 2026 : alors qu'en 2024, pour la première fois, 40% des émissions des émissions de C02 des ferries étaient concernées par ce système, c'était 70% en 2025 et, finalement 100% à partir de 2026. Cela signifie que les compagnies ne parvenant pas à réduire suffisamment leurs émissions devront acquérir des "droits à polluer" par un système d'échanges entre opérateurs plus ou moins émissifs ou acquitter sinon des pénalités financières. Cette inclusion par paliers du secteur maritime dans le système ETS a un coût croissant et très élevé pour les compagnies (plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions d'euros désormais chaque année, en fonction de l'étendue de leur réseau et de leurs émissions de gaz à effets de serrre). Comme explicité plus en détail dans cet article thématique, cela se répercute immanquablement sur les tarifs facturés aux clients finaux, qu'il s'agisse des passagers ou du fret des lignes de Corse et cela a déjà conduit à une réduction de l'offre de transport en 2025. Malgré ces facteurs de renchérissement de coût, la réduction de l'offre de transport et un contexte économique global peu propice, le transport maritime a bien résisté en 2025, avec une progression des flux de passagers transportés de 1,0% sur les quatre premiers mois de la saison d'été (mai à août) par rapport à la même période de 2024 selon la CCI de Corse. Cela représente au total près de 2,58 millions de voyageurs maritimes sur cette période et environ 3,08 millions sur les huit premiers mois de l'année 2025, un chiffre là aussi en hausse de 1,3%. Cela s'explique essentiellement par les excellentes performances commerciales réalisées par Ichnusa Lines sur la liaison Corse-Sardaigne (+16,1% avec 115 000 voyageurs à fin août) et par la Corsica Ferries sur l'ensemble de ses lignes de Corse (+8,5% avec 2,08 millions de voyageurs à fin août), alors que les autres armateurs voient leurs trafics passagers stagner ou reculer.

Par ailleurs,si certaines anciennes délégations de service public Marseille-Corse sont toujours contestées en justice, car attribuées de manière criticable aux opérateurs historiques, celle actuelle en vigueur, qui couvre la période 2023-2029, a vu ses fondements confirmés par de récentes décisions de justice, ce qui donne de la visibilité pour plusieurs années à La Méridionale et plus encore à la Corsica Linea, qui en est le principal bénéficiaire. Toutefois, ce système gagnerait à être profondément revu pour permettre de relancer l'économie de l'île à un coût soutenable pour la Collectivité et pour permettre d'abaisser le tarif de transport pour les voyageurs, notamment les résidents.

Dans ce contexte, la programmation estivale 2026 de l'ensemble des compagnies desservant la Corse (Corsica Ferries, Moby Lines, Corsica Linea et La Méridionale) est progressivement révélée. De nouvelles lignes sont ouvertes (Toulon-Propriano et Sète-Ajaccio) par la Corsica Ferries et au moins deux nouveaux navires font leur entrée sur les lignes de Corse. 
2026 sera une année "très Stena", puisque le ferry Mega Serena de la Corsica Ferries, a été acquis auprès de la Stena Line, et le cargo mixte Capu Rossu de la Corsica Linea, mis à disposition de la compagnie aux bateaux rouges par cette même compagnie suédoise, à laquelle la Corsica Linea a rendu début 2026, le A Nepita, qu'elle affrétait jusqu'ici. Par ailleurs, le Kalliste de La Méridionale devient le Capu di Muru de la Corsica Linea, qui affrètera aussi le Massalia de La Méridionale pour ses lignes de Corse à compter de l'automne 2026 en remplacement du Vizzavona. Il devrait s'agir des principales nouveautés des mois à venir...


En 2026, la Corsica Ferries diversifie ses liaisons au départ de Sète vers Ile Rousse et Ajaccio et de Toulon vers Propriano, remplace le Mega Express Five par le Mega Serena et envisage de passer commande d'au moins un nouveau navire en vue d'une mise en service d'ici la fin de la décennie
L'arrivée à Bastia du Mega Victoria de la Corsica Ferries, vue des hauteurs de la ville, en août 2025 ; photo : Romain Roussel.
L'arrivée à Bastia du Mega Victoria de la Corsica Ferries, vue des hauteurs de la ville, en août 2025 ; photo : Romain Roussel. 


La 
Corsica Ferries a ouvert à la vente le 9 octobre 2025 un premier programme précis de traversées pour la période d'hyper-pointe allant du 27 juillet au 6 septembre 2026 et l'a ensuite étendu courant novembre à l'ensemble de l'année 2026 jusqu'au 27 septembre. Après cette date, seules figurent à ce stade certaines traversées, pour lesquelles il est juste indiqué si elles devaient être assurées de jour ou de nuit, avec les plages horaires auxquelles s'effectueront les départ et arrivées des traversées déjà mentionnéesLes horaires de la Corsica Ferries comprennent une marge de sécurité permettant de substituer un navire à l'autre en fonction de la demande sur chaque axe ou de rattraper d'éventuels retards dus aux opérations portuaires ou à la météo. Ils prennent aussi en compte les problématiques de transition écologique, en privilégiant les traversées de nuit et en ralentissant celles de jour, ce qui permet de réduire sensiblement la consommation de carburant des navires. De fait, la Corsica Ferries a réussi en 2025 à réduire de plus de 30% ses émissions totales de dioxyde de carbone par rapport à l'année de référence 2018 grâce à cette politique active de modération de la vitesse de navigation de ses navires, lorsque l'atteinte d'une vitesse de pointe élevée n'est pas nécessaire, et de réduction du nombre de rotations. L'ouverture des réservations concerne les lignes de Corse, mais aussi celles de la Sardaigne et des Baléares (Majorque et Minorque). Bien que les noms des navires assurant ces traversées ne soient pas indiqués, la programmation correspond, comme en 2025, à 10 ferries. A noter que la desserte de l'île d'Elbe n'est plus assurée depuis 2025, la compagnie aux bateaux jaunes ayant cédé cette activité et sa marque Elba Ferries à sa concurrente BluNavy, qui a aussi acquis en avril 2025 le dernier NGV de la compagnie aux bateaux jaunes, le Corsica Express Three, revendu en octobre 2025 à la compagnie Chypriote Pikessea Shipping Ltd.

Toutes lignes confondues et une fois l'ensemble des traversées programmées, les week-ends de pointe d'août, la Corsica Ferries a programmé pour 2026 jusqu'à onze rotations dans chaque sens entre la Corse et le continent, ce qui reste de loin le réseau le plus dense sur la Corse, où ses ferries transportent près de deux passagers sur trois. La compagnie aux bateaux jaunes pérennise en 2026 tout au long de l'été désormais les liaisons testées pour la première fois en 2024 au départ de Sète, en Occitanie, qu'elle a relié pour la première fois au printemps 2024 à Majorque (à raison d'une rotation par semaine d'avril à juin vers Alcudia, en sus de celles depuis Toulon) et en juillet de cette année-là à Ile Rousse. La programmation 2026 reconduit donc les rotations Ile Rousse-Sète-Ile Rousse y compris désormais en plein mois d'août, assurées en juillet dernier par le Mega Victoria et désormais également aussi par les Mega Andrea et Mega Smeralda. En outre, en juillet 2026, elle assure aussi pour la première fois des liaisons haebdomadaires de Sète vers Ajaccio (qui se poursuivent ensuite vers Porto Torres, en Sardaigne), également avec le Mega Smeralda. Sur ces lignes, les traversées s'effectuent la plupart de temps de nuit dans les deux sens et si elle juge la demande suffisante, les premières traversées ayant connu un grand succès, la Corsica Ferries pourrait programmer dans un second temps d'autres escales pendant l'avant saison ou l'après-saison 2026 comme ce fut déjà le cas en 2025 (elle avait programmé en sus quelques traversées Sète-Bastia et Sète-Ile Rousse au printemps et à l'automne).

L'autre grande nouveauté de la Corsica Ferries pour la saison 2026 est le lancement de la nouvelle ligne Toulon-Propriano, port de l'extrême sud situé sur la côté ouest de la Corse au coeur du golfe du Valinco. Ce port est désormais préféré certains jours par la compagnie aux bateaux jaunes à celui de Porto Vecchio, situé à seulement 75 km de celui-ci sur la côte est de l'île, et dont l'approche maritime est bien plus simple et plus courte, ce qui concourt aussi à la transition écologique (Propriano est distante de Toulon de 162 miles nautiques, alors qu'il en faut 210 par rallier Toulon depuis Porto Vecchio). La Corsica Linea n'avait pas fait un autre calcul en 2023 lorsqu'elle a troqué avec sa partenaire La Méridionale la ligne Marseille-Porto Vecchio pour Marseille-Propriano. En fait, la liaison Toulon-Propriano a été inaugurée par anticipation par la Corsica Ferries dès l'automne 2025 (le Mega Andrea a assuré la traversée inaugurale le 21 septembre 2025), puis en saison creuse à partir de début novembre 2025 pour lancer la ligne. Par le passé, cette ligne avait autrefois été desservie par la SNCM, notamment par l'Île de Beauté dans les années 1990 et 2000, avant que cette compagnie ne se retire de Toulon.

S'agissant de la flotte de la Corsica Ferries, l'année 2026 s'inscrit sans rebondissement à venir dans la continuité de la précédente pour la compagnie aux bateaux jaunes. La Corsica Ferries y confirme le déploiement sur ses lignes de ses mega cruise ferries issus de la mer Baltique, où naviguent ses ferries de grande taille les plus confortables : après les Mega Smeralda acquis en 2008, Mega Andrea en 2015 et Mega Regina en 2021, le dernier acheté a été le Mega Victoria, mis en service en 2023. De grande capacité (plus de 2 000 passagers) et dotés d'une nombre important de cabines (460 à 700), ces trois derniers navires naviguent surtout sur la Corse, principalement sur ses lignes françaises de et vers Toulon et Nice. En pleine saison, au mois d'août 2025, le Mega Smeralda est exclusivement affecté aux autres lignes de la Corsica Ferries au départ de Toulon, vers la Sardaigne (Porto Torres) et les Baléares (Alcudia à Majorque, Ciutadella à Minorque). Les autres mega cruise ferries desservent aussi occasionnellement les Baléares depuis Toulon et la Sardaigne, depuis Toulon ou Nice. En effet, la Corsica Ferries préfère depuis 6 ans maintenant faire naviguer ses bateaux sur plusieurs lignes au cours de l'année plutôt que de les spécialiser sur une seule : nombre de ses clients, principalement des lignes de Corse, devraient donc pouvoir emprunter l'un ou l'autre de ses ferries la saison prochaine sur leur parcours habituel à une date ou à une autre... Si le nom des navires effectuant les traversées n'est plus mentionné lors de la réservation (ce qui permet à la compagnie de substituer un navire de plus grande capacité à un autre en cas de forte demande), il peut généralement être vu plusieurs mois à l'avance sur les horaires prévisionnels de certains ports (Bastia, Ile Rousse, Toulon...), accessibles sur la page des liens.

Sur les lignes italiennes, comme en
2025, il n'y a pas non plus de navire dédié exclusivement à la ligne Livorno-Bastia pendant l'été, le Corsica Marina Seconda ayant été vendu début 2025 à la compagnie Tarco Marine qui navigue désormais en mer Rouge. La ligne Livorno-Bastia reste néanmoins desservie de manière très dense en saison jusqu'à deux fois par jour par les différents Mega Express de la compagnie qui se relaient sur cette desserte (et sur celle de la Sardaigne depuis Livorno) à des horaires variables. En 2026, comme l'année passée, la Corsica Ferries propose aussi en haute saison un aller-retour Piombino-Bastia notamment les samedis, en Mega Express également (la traversée ne durant que 3h15 et étant la plus courte sur la Corse), et ponctuellement, quelques rotations en milieu de semaine. La Corsica Ferries confirme aussi son offre au départ de Livorno et Piombino vers la Sardaigne en proposant jusqu'à 3 départs les samedis de pointe durant la saison 2026, comme en 2025 (à bord d'au moins quatre navires de grande capacité, les Mega Express, Mega Express Two, Mega Express Four et le nouveau Mega Serena, ex-Stena Vision de la compagnie suédoise Stena Line, qui vient remplacer le Mega Express Five). Conçu pour les lignes de la Baltique pour la très renommée compagnie suédoise Stena Line, le Mega Serena, n'est autre que l'ex-Stena Vision, initialement construit sous le nom de Stena Germanica pour la ligne phare Kiel-Göteborg (Allemagne-Suède) qui naviguait ces dernières années entre Cherbourg et l'Irlande (Rosslare). Doté d'une importante capacité de roulage (2 000 mètres linéaires sur deux niveaux superposés pouvant accueillir du fret), ce navire est particulièrement adapté au transport de véhicules en grand nombre (plus de 600) et est doté également de nombreuses cabines (au moins 475, avec salle de bains, au-dessus des ponts garage) et, après adaptation aux lignes corses et sardes, devrait pouvoir accueillir jusqu'à 2 000 passagers par voyage. Il devrait entrer en service poiur le compte de la Corsica Ferries au printemps 2026, tandis que le Mega Express Five est sorti de flotte début janvier 2026. Il a été vendu à la société canadienne Bridgemans et servira d'hôtel flottant itinérant, après transformation à Naples, sous le nom de Mega X.



Le Stena Vision, désormais Mega Serena de la Corsica Ferries, arrivant à Cherbourg en août 2024 et qui remplace le Mega Express Five ; photo : Peter Og Connie Therkildsen


Sur les lignes françaises, en 2026 encore, en haute saison, les traversées deviennent plus fréquentes de et vers Toulon mais aussi de et vers Nice, ce dernier port que la Corsica Ferries relie principalement à Ile Rousse en haute saison grâce à ses Mega Express (mais aussi, plus ponctuellement, à Bastia, Ajaccio et Porto Vecchio), le port d'Ile Rousse bénéficiant de la traversée la plus courte depuis le continent français : à partir de 5h de traversée depuis Nice. Depuis l'été 2025, le Mega Express Three est venu s'ajouter aux autres navires de la compagnie, principalement sur Toulon-Ajaccio, tandis que le Pascal Lota est désormais plus largement présent à Bastia et à l'Ile Rousse, depuis Toulon et Nice. Le port varois bénéficie donc entre Corse, Sardaigne et Baléares, de 4 à 6 escales de bateaux jaunes en été, ce qui constitue, avec Bastia, le hub principal de la Corsica Ferries. En outre, sur la Sardaigne depuis le continent français, les traversées entre Nice, Toulon et Porto Torrres sont assez nombreuses à l'été 2026, comme en 2025 (4 rotations par semaine en périodes de pointe) et davantage assurées de nuit dans le sens plein les week-ends de pointe que jusqu'en 2024.

Pour répondre à une demande croissante de ses passagers de pouvoir disposer d'une cabine, la Corsica Ferries vise depuis quelques années à accroître la capacité en installations couchées de sa flotte, qui atteint désormais la 7ème place au niveau mondial, selon le classement établi par la revue de référence suédoise Shippax. Cela passe non seulement par l'acquisition de cruise ferries de la Baltique, conçus pour les traversées de nuit, mais aussi par des améliorations apportées aux navires déjà en flotte. Ainsi, le navire amiral de la compagnie, le Pascal Lota, a-t-il vu ses installations passagers repensées en 2023 afin de porter son nombre de cabines de 296 à 330 unités, pour une capacité en véhicules et passagers inchangée, ce qui permet d'accroître le confort de la traversée. La plupart des autres navires de type Mega Express de la compagnie ont aussi vu leur capacité couchée légèrement accrue, par l'installation de nouvelles cabines en remplacement de certains espaces dédiées jusqu'ici à des salons de fauteuils pullman, dont la capacité a été réduite.

Par ailleurs, la presse italienne s'est fait écho courant septembre 2025 d'une possible réactivation du projet de construction de navires neufs, que la Corsica Ferries avait évoqué à l'occasion de ses 50 ans en 2018 avant de suspendre le projet conçu par Naos lors de la crise du COVID-19. Sous réserve de confirmation, la commande officielle n'étant pas passée à ce jour, la prospection de chantiers potentiels en Chine étant encore en cours, il pourrait s'agir du premier navire neuf commandé par la compagnie depuis les Mega Express et Mega Express Two, inaugurés en 2001. Un premier ferry, compatible avec les dimensions maximales admissibles sans restriction au port de Bastia (180 mètres) pourrait être mis en service à l'horizon 2029. Selon la presse italienne, et sous réserve d'affinement de ses caractéristiques, le navire pourrait transporter environ 500 voitures et 2 200 passagers et être doté d'un nombre élevé de cabines (jusqu'à 500, sous réserve de confirmation). Il serait susceptible d'être suivi par un, voire deux navires jumeaux les années suivantes si cette première construction est concluante.

Au-delà de la mise en service récente de ces nouveaux navires, plus écologiques (
le Mega Regina dispose à la fois de filtres à particules visant à réduire de 60% les émissions d'oxyde d'azote dans l'air et d'un branchement électrique à quai - utile dans les ports qui en sont équipés, comme Toulon - dont elle équipe progressivement ses autres ferries) la compagnie aux bateaux jaunes déploie depuis plusieurs années une stratégie de développement durable, appelée Yellow Cares (voir détails sur le site de la compagnie). Cela se traduit par diverses actions : des mesures concernant directement les navires (réduction du nombre de traversées et de la vitesse des navires, suppression totale de l'usage des matières plastiques à usage unique après celle des sacs plastiques...), partenariats accrus avec des organisations environnementales (notamment concernant le repérage des cétacés en Méditerranée lors de traversées, grâce notamment à la fondation CIMA) et des engagements de forte réduction des émissions de matières polluantes, qui ont donné des résultats concrets, même si les rvierains toulonnais l'incitent à aller plus loin. Pour aller plus loin, elle pourrait convertir plusieurs de ses Mega Express - on ignore encore lesquels et selon quel calendrier précis, les incertitudes techniques sur les motorisations optimales des navires étant encore grandes - à une propulsion innovante, par exemple mixte GNL-méthanol ou à les doter de nouvelles hélices optimisées à leur nouvelle vitesse de navigation (ce qui serait  possiblement déjà le cas sur un navire non précisé).

Enfin, début 2023, la Corsica Ferries a fait l'acquisition d'un cargo (construit en 2018 et pouvant transporter à la fois remorques et conteneurs suivant un concept innovant), le Rosa dei Venti, qu'elle loue à la compagnie sarde Grendi, et a pris des participations dans la société Neoline. Cette société a développé un nouveau concept de cargo à voiles, le Neoliner Origin, qui après une escale inaugurale à Bastia puis une autre à Marseille, dessert désormais l'Amérique du nord depuis la France à une vitesse de 11 noeuds, en réduisant de 80% les émissions de dioxyde de carbone par rapport à un navire classique. Ce concept pourrait à terme inspirer la conception de futures générations de ferries, en constituant par exemple un système de propulsion d'appoint pour les rendre encore plus sobres...  



En 2026, Corsica Linea met en service au printemps le nouveau E-Flexer Capu Rossu, affrété à Stena Line, en remplacement du A Nepita, et affrèterait le Massalia à La Méridionale à compter de l'automne en remplacement du Vizzavona!
Le départ de Bastia du A Galeotta, de la Corsica Linea, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel
Le départ de Bastia du A Galeotta, de la Corsica Linea, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel. Premier navire propulsé au GNL, A Galeotta est donc rejoint sur les lignes de Corse par le Capu Rossu en 2026, avec lequel il desservira en alternance les lignes Marseille-Ajaccio et Marseille-Bastia à compter de la mise en service de ce dernier.

La Corsica Linea a succédé depuis avril 2016 à l'ex-opérateur historique de la Corse, la SNCM, disparue au début de cette année-là. Après de multiples épisodes, les lignes maritimes de la délégation de service public, principalement orientées pour le transport du fret mais qui transportent aussi des passagers et leurs véhicules, ont été attribuées par la Collectivité de Corse fin 2022 principalement à cette compagnie, et secondairement à La Méridionale, pour la période 2023-2029. De même que les tarifs du fret ont augmenté sur Marseille-Corse, au grand dam des transporteurs (le tarif du mètre linéaire est passé de 35€ à 40€, soit une hausse de près de 15%), le coût pour la Collectivité de Corse a aussi été revu très sensiblement à la hausse (plus de 900 millions d'euros de subventions publiques au total sur 7 ans au bénéfice exclusif de la Corsica Linea et de La Méridionale, avec les rallonges annuelles votées), en raison de l'explosion des coûts du carburant intervenue entre-temps, que les compagnies délégataires ont fait combler par les deniers publics. 

Cette dernière réattribution en date des lignes a aussi conduit à une réallocation des lignes entre codélégataires, en vigueur pour 7 ans également depuis début 2023 : la Corsica Linea se concentre depuis sur Marseille-Bastia (avec deux navires), Marseille-Propriano (jusqu'à fin 2022 l'apanage de La Méridionale, avec un navire) et Marseille-Ile Rousse (un navire) et La Méridionale sur Marseille-Porto Vecchio (jusqu'à fin 2022 desservie par la Corsica Linea, avec un navire), les deux compagnies se partageant Marseille-Ajaccio (un navire chacune).

Dans ce contexte de stabilité durable de l'organisation de la desserte maritime Marseille-Corse jusqu'à la fin 2029, les réservations de la Corsica Linea pour l'été 2026 ont été ouvertes le 25 septembre 2025. A la compagnie aux bateaux rouges, la principale nouveauté pour 2026 est l'entrée en service d'un nouveau cargo mixte, construit en Chine et dont le nom a été révélé courant septembre 2024 : il s'agit du Capu Rossu. En effet, la compagnie aux bateaux rouges a annoncé le 10 janvier 2024 que la filiale Stena RoRo de Stena Line avait commandé un 13ème navire de la série des E-Flexer en vue de le louer avec option d'achat à la Corsica Linea à compter de sa livraison, annoncée pour mars 2026 sur les lignes de Corse, pour une mise en service annoncée mi-juin (la première traversée de ce navire est à ce stade prévue sur la ligne Marseille-Ajaccio le 15 juin 2026, son inauguration officielle devant toutefois intervenir dès le mois de mai). Propulsé au gaz naturel liquiéfié (GNL), à l'instar du A Galeotta, ce nouveau navire apporte une plus grande capacité de transport, avec 2 500 mètres linéaires de garage pour le fret sur 3 niveaux (soit environ 120 remorques de fret et 180 voitures) et 1 035 passagers. Si sa capacité marchandises s'inscrit dans le haut de la moyenne des cargos mixtes desservant la Corse, elle reste toutefois assez limitée au regard des maxi-navires lancés par exemple ces dernières années par la Moby et GNV pour les lignes sardes, qui comptent jusqu'à 3 800 mètres linéaires de fret. Sa capacité voyageurs en fait un des navires mixtes de plus grande capacité sur la Corse, avec le Jean Nicoli (1 300 passagers), même si ces niveaux restent nettement inférieurs à ceux des ferries classiques de la Corsica Linea déployés sur les lignes du Maghreb (jusqu'à 2 780 passagers pour le ferry Méditerranée, affecté à la ligne Marseille-Alger, et 2 200 passagers pour le Danielle Casanova, dédié à la ligne Marseille-Tunis). Le nouveau Capu Rossu se veut un navire modulaire et fonctionnel, qui contribue à la réduction de l'impact environnemental de la compagnie, qui s'est fixé un objectif ambitieux de réduction de 40% de ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030, par comparaison à l'année de référence 2018. Comme A Galeotta, ce nouveau navire n'a pas besoin d'épurateurs de fumée, qui équipent la plupart des autres navires de la Corsica Linea, pour respecter les nouvelles normes environnementales (pour mémoire, ces scrubbers ouverts avaient déclenché une polémique à l'hiver 2022-2023 en raison des rejets d'eau acidifiée, potentiellement nuisibles à la flore marine, qu'ils provoquent, notamment en proximité des côtes, en raison de dérogations de rejets en mer de plusieurs années accordées à la compagnie aux bateaux rouges par les autorités françaises...). 

Son entrée en service entraîne un redéploiement en cascade des autres cargos mixtes de la compagnie sur la Corse et, de sorte à maintenir sa flotte au maximum 9 navires annoncé, à la sortie de flotte du A NepitaAinsi, à compter de la saison 2026, le Capu Rossu est logiquement affecté en alternance aux deux plus importantes lignes insulaires pour le fret, Marseille-Bastia et Marseille-Ajaccio, où il navigue en duo principalement avec les A Galeotta et Pascal Paoli. À noter que, comme pour le A Galeotta, desservir le port de Bastia ne va pas de soi pour un navire de la longueur du Capu Rossu, puisqu'avec près de 203 mètres, il reste en théorie trop long pour ce port, où les navires doivent faire moins de 180 mètres pour pouvoir accoster de manière régulière, mais la Corsica Linea at obtenu une autorisation dérogatoire permanente pour ce faire. Cette entrée en flotte entraîne la sortie de flotte du A Nepita, également affrété jusqu'ici par la Corsica Linea à Stena Line, et jusqu'ici positionné sur Marseille-Propriano pour effectuer a minima ses trois allers-retours réglementaires par semaine de nuit et un peu davantage en haute saison. A Nepita desservira sous un autre nom le Canada au sein de la compagnie Marine Atlantique qui l'a aussitôt affrété à Stena Line. Il sera remplacé sur la liaison Marseille-Propriano par le Vizzavonaaffrété auprès de l'armateur italien Grimaldi Lines en théorie jusqu'en 2028 (son retour en mer Baltique au sein de la filiale finlandaise Finnlines de Grimaldi avait un temps été annoncé pour l'automne 2023, mais son contrat de location a finalement été prolongé) mais finalement sans doute plutôt jusqu'à la fin de la saison 2026 seulement, la Corsica Linea devant à compter de septembre 2026 affréter le Massalia de La Méridionale, avec son équipage, pour cette lignePour la saison 2026, contrairement aux premières indications données sur le site de la compagnie aux bateaux rouges, le Monte d'Oro devait être reconduit sur Marseille-Ile Rousse, port qu'il dessert de longue date, mais sera finalement être remplacé dès la mi-avril par le Capu di Muru, qui n'est autre que l'ex-Kalliste, acquis en mars 2026 par la Corsica Linea auprès de La Méridionale. C'est donc bien de nouveau le Paglia Orba, qui devrait servir cette année encore de navire de réserve et d'appoint et qui pourrait de nouveau effectuer, comme c'est le cas de depuis l'été 2023, une centaine de rotations supplémentaires entre Marseille et la Corse durant les saisons d'été (à l'été 2025, il avait en particulier servi de navire d'appoint sur Marseille-Bastia, Marseille-Ajaccio et Marseille-Propriano). Ces rotations supplémentaire pour la saison d'été sont généralement programmées courant avril. 

Quant au Jean Nicoli, dont il avait été annoncé lors de la dernière reconduction de la DSP qu'il devrait être remotorisé à l'horizon 2027 pour le rendre plus sobre, ce cargo mixte était de plus en plus utilisé sur les lignes algériennes de la compagnie en renfort du Méditerranée, notamment au départ du port de Sète, qui était venu s'ajouter à la desserte traditionnelle depuis Marseille mais dont la desserte pourrait être reconsidérée en 2026 au vu de la montée en charge de l'italien GNV sur les liaisons entre Sète et l'Algérie, ouvertes en 2025 (un mouvement social est intervenu à ce propos sur ce navire de la Corsica Linea amarré à Sète en octobre 2025). 



  La Méridionale continue en 2026 sur la Corse avec seulement deux navires mixtes et se sépare du Kalliste, vendu à la Corsica Linea sous le nom de Capu di Muru, ce dernier venant en remplacement du Monte d'Oro
Le Kalliste à quai à Toulon, en avril 2024 ; photo : Jean-Pierre Fabre.
Le Kalliste de La Méridionale à quai à Toulon, en avril 2024 ; photo : Jean-Pierre Fabre. Ce navire, affecté en 2025 à la ligne Marseille-Nador, arrêtée à l'issue de la saison, a finalement échappé à la démolition, ayant été vendu par La Méridionale à la Corsica Linea pour le compte de laquelle il opère sous le nom de Capu di Muru.


Après de nombreuses turbulences consécutives à la perte de ses lignes principales de fret (Marseille-Bastia et Marseille-Ajaccio, fin octobre 2019) et aux mouvements sociaux qui s'en sont suivis, La Méridionale avait été fortement fragilisée avant d'être finalement rachetée en juin 2023 au troisième armement maritime mondial CMA-CGM, également basé à Marseille. Néanmoins, absente depuis plus de 5 ans du principal port de fret de l'île, Bastia, sa présence est réduite à deux navires sur les lignes de Corse. Elle se développe en revanche entre Marseille et le Maroc avec un nouveau navire, l'ex-Normandie de Brittany Ferries de 1991, rebaptisé Massalia et placé sur Marseille-Tanger depuis juin 2025. Cet achat a permis à La Méridionale de se séparer du Pelagos, vendu à une compagnie égyptienne et d'ouvrir simultanément une nouvelle ligne avec le Maroc, reliant Marseille à Nador, assurée à l'été 2025 par le Kalliste et fermée à l'issue de la saison. Ce navire, dont il avait été annoncé qu'il serait vendu à la démolition en janvier 2026, a finalement été cédé à la Corsica Linea et remonné Capu di Muru. Par ailleurs, le management a de nouveau changé à La Méridionale (Maria Harti, nommée début 2024 à la tête de la compagnie, ayant été remplacée temporairement à l'automne 2025 par Damien Mazaudier à titre transitoire, puis par Etienne Melliani en janvier 2026). Dans ce contexte, les deux lignes de La Méridionale entre Marseille et le Maroc seraient fermées (ou tout du moins suspendue à l'issue de la saison 2026, pour ce qui est de la ligne Marseille-Tanger) et le Massalia finalement affrété, avec son équipage, à la Corsica Linea pour desservir la Corse durant la saison 2026.

Sur la Corse, la compagnie a dû faire face à l'expansion continue de la flotte de Corsica Linea, avec laquelle une forme de "divorce" a été consommée : ainsi, les deux compagnies disposent désormais de systèmes de réservation séparés (un système unique était jusqu'en 2019 géré par la Corsica Linea pour le compte des deux compagnies) et ne desservent plus qu'une seule ligne en commun (Marseille-Ajaccio), alors que c'était traditionnellement aussi le cas sur Marseille-Bastia de très longue date (autrefois en partenariat avec la SNCM, avant 2016). Aussi, pour la saison 2026, La Méridionale joue-t-elle la carte de la continuité, avec la desserte Marseille-Ajaccio toujours assurée par son navire amiral, le Piana, et Marseille-Porto Vecchio, où cette compagnie a désormais un monopole de fait, avec le Girolata. En effet, au terme de la délégation de service public (DSP), La Méridionale ne devrait plus desservir jusqu'à fin 2029 dans le cadre de la DSP maritime Marseille-Corse 2023-2029 que ces deux ports du sud Corse (le Piana avait pourtant été conçu pour la ligne Marseille-Bastia, sur laquelle il naviguait jusqu'à l'éviction de la compagnie de cette ligne à l'automne 2019)

Elle avait bien tenté une diversification en 2024, avec l'inauguration au printemps de cette année-là d'une ligne hors DSP, Toulon-Ile Rousse, assurée alors par le Kalliste  et qui devait initialement se prolonger à l'année (ce qui est obligatoire pour pouvoir la desservir, les lignes Toulon-Corse étant régies par des obligations de service public définies par la Collectivité de Corse, qui prévoit une fréquence minimale de 1 rotation par semaine en basse saison, afin d'éviter un phénomène de prédation des lignes de Corse par des opérateurs qui ne viendraient les desservir qu'en saison). A raison de 3 à 4 rotations par semaine, principalement de nuit, cette liaison, était en concurrence directe avec celle opérée par la Corsica Ferries. Toutefois, elle venait aussi concurrencer indirectement la ligne de service public Marseille-Ile Rousse attribuée à la Corsica Linea. Pour cette raison, l'annonce de l'ouverture de cette ligne par La Méridionale avait provoqué une grève de plusieurs jours à la Corsica Linea et à La Méridionale mi-mars 2024. Prolongée jusqu'à Livorno, à l'été 2024, elle a finalement été fermée fin septembre 2024. En effet, les grévistes avaient obtenu de La Méridionale qu'elle n'emporte pas du tout de fret sur le tronçon de route reliant Toulon à Ile Rousse, de telle sorte que la ligne ne puisse venir concurrencer la liaison Marseille-Ile Rousse de Corsica Linea subventionnée pour le transport des marchandises et ainsi faire la démonstration que le service public maritime ne nécessite pas de subventions pour être assuré à l'année. Dès lors, la liaison Marseille-Ile Rousse n'était plus viable hors saison en étant réservée au seul transport de passagers, d'où sa fermeture. 

Il s'agit toutefois a priori en 2026 de la dernière année de statu quo. En effet, s'il reste bien à l'avenir aux commandes de la compagnie, le nouvel actionnaire CMA-CGM a, dès la reprise de La Méridionale en 2023, annoncé la commande à un chantier chinois de deux nouveaux cargos mixtes plus écologiques et très luxueux pour La Méridionale, qui devraient être mis en service sur les lignes de Corse en 2027. D'une capacité de 2 181 mètres linéaires pour 1 000 passagers, leur design extérieur et leurs caractéristiques générales semblent inspirés de ceux des navires que la SNCM entendait commander au milieu des années 2010 mais qui n'ont finalement jamais pu être construits, du fait de la liquidation judiciaire de la compagnie, intervenue début 2016. En attendant, La Méridionale a révélé le nom de ces futurs navires, qui seront baptisés Albanova et Azura, ce qui a d'ailleurs déclenché une nouvelle polémique avec le syndicat des travailleurs corses (STC), qui les juge sans références suffisamment probantes à la Corse. Si tout va bien, ces navires devraient donc remplacer les Piana et Girolata sur les lignes de la DSP Marseille-Corse à l'horizon 2027, ces derniers étant destinés à cet horizon à desservir d'autres lignes encore à préciser. Cela reste toutefois finalement à confirmer, car le groupe CMA-CGM serait possiblement à la recherche d'un acquéreur pour au moins un de ces deux nouveaux navires à la suite du changement de direction de La Méridionale, pour des raisons de rentabilité...

La compagnie poursuit aussi activement sa transition écologique. Soucieuse de l'environnement, La Méridionale a été la première à bénéficier de la connexion du courant à quai à Marseille (dès 2017, lors des escales longues de ses navires qui passent la journée à quai) et a expérimenté à l'automne 2018 un système de raccordement permettant aussi de limiter les émissions polluantes sur le port d'Ajaccio. En outre, en vue du durcissement des normes d'émissions de polluants dans l'air, elle a expérimenté à compter du printemps 2019 un nouveau système de filtre à particules sur un des moteurs du Piana, qui a donné d'excellents résultats. Aussi a-t-elle décidé à l'automne 2021 de déployer ce dispositif sur l'autre moteur du navire, avant de le valider officiellement en septembre 2022 et de pouvoir aussi faire de Piana le navire le moins polluant de Méditerranée. Ce système, à base de bicarbonate de soude, conçu par Andritz et Solvay, permet d'épurer les fumées émises et pourrait constituer une alternative avantageuse aux scrubbers, critiqués pour leurs rejets en mer et leur manque d'efficacité. Ce dispositif permet d'aller au-delà des nouvelles normes environnentales et d'éliminer "en plus des oxydes de soufre, 99 % des particules fines" d'après les responsables de la compagnie, même s'il ne permet hélas pas de réduire aussi les émissions de dioxyde de carbone. Il avait alors été annoncé que ce système, qui nécessite de lourdes et coûteuses adaptations, aurait dû être installé aussi sur le Kalliste, mais cela n'est pas intervenu avant sa cession... La Méridionale adhère d'ailleurs depuis octobre 2020 au label Green Marine Europe, programme volontaire de certification environnementale reconnu à six armateurs européens (dont également Corsica Linea et Brittany Ferries) qui s'engagent à mesurer leur empreinte environnementale pour mieux la réduire. 




Pour la saison 2026, la Moby continue de réduire sa présence sur les lignes de Corse après la cession de nombreux navires et se retire notamment d'Ajaccio
Le départ de Bastia du Moby Orli, en juillet 2025, vu des hauteurs de la ville ; photo : Romain Roussel
Le départ de Bastia du Moby Orli, en juillet 2025, vu des hauteurs de la ville ; photo : Romain Roussel. Ce cruise-ferry de la Baltique sera remplacé sur Livorno-Bastia en 2026 par le Moby Kiss.
 

 
 
Un premier programme de rotations de la Moby pour 2026 a été commercialisé de manière très précoce, dès le 19 septembre 2025. Contrairement à celui de 2025, ce programme préliminaire pour l'été 2026 ne prévoit plus aucune liaison hebdomadaire de et vers Ajaccio en milieu de semaine en saison, qui avaient été assurées en alternance par le Moby Tommy et le Moby Ale Due durant la saison 2025. Si cela se confirme dans les mois à venir, cela signifierait la fin de la présence de la Moby à Ajaccio. La compagnie à la baleine bleue avait pourtant inauguré en grande pompe l'escale intermédiaire Ajaccienne de ses navires affectés à la desserte de la Sardaigne (Genova-Porto Torres), assurée avec difficulté durant la saison 2024. Comme en 2025, ne figure pas non plus cette année la liaison Piombino-Bastia, uniquement desservie par la Corsica Ferries en été. Cette ligne avait aussi été assurée par la Moby dans des conditions dégradées les week-ends d'été 2024 par le Moby Corse, désormais vendu, puis par le Moby Niki, principalement affecté à la liaison de l'île d'Elbe depuis le continent italien (Piombino-Portoferraïo).

La desserte Genova-Bastia de la Moby reste en 2026 assurée de manière réduite, uniquement de jour et sans traversées de nuit (cette liaison était jusqu'en 2024 principalement assurée de nuit dans le sens de plus forte affluence et de jour, en 7h30, dans le sens creux). Depuis 2025, contrairement à ce qui avait été observé en 2024, la
période de desserte est raccourcie de la fin mai à la mi-septembre. En compensation de cette totale absence de desserte nocturne, laissant la part belle aux liaisons de nuit Savona-Bastia de la Corsica Ferries qui restent assurées tous les soirs dans les deux sens durant tout l'été 2026, les Moby Aki et Moby Wonder, assurent comme à l'été 2025 quelques traversées Genova-Bastia de jour un peu au-delà des seuls week-ends, avec une vitesse légèrement réduite (5h15 à 5h30 de traversée, au lieu de 5h en 2024 et 4h dans les années 2000). A noter que ces deux navires emblématiques ne sont désormais plus propriété de la Moby mais vendus en bloc avec trois autres navires de la Tirrenia et réaffrétés chacun pour 15 ans au prix de 15 000€ par jour, pour couvrir ses dettes. En outre, le Moby Orli qui desservait durant la saison 2026 la ligne Livorno-Bastia de jour en 4h30, passe désormais exclusivement sur les lignes sardes de la compagnie, et est remplacé par un navire dénommé dans un premier temps Vessel 3 dans les horaires de la compagnie pour 2026 et qui est finalement le Moby Kiss, qui avait déjà assuré cette desserte en 2019. Le Moby Kiss offre des prestations inférieures à son prédécesseur, qui comportait de nombreuses cabines et salons confortables, le Moby Kiss ne proposant aucune cabine. La compagnie lui a trouvé un remplaçant de pluis petite taille pour les lignes de l'île d'Elbe, qui n'est autre que le Giraglia, bien connu des lignes de Corse pour avoir assuré, non sans difficulté, la liaison Bonifacio-Santa Teresa pendant de nombreuses années et qui revient donc sur sa ligne originelle Piombino-Portoferraïo. S'il devait être confirmé sur les lignes de Corse pour l'été 2026, 

Cette présence réduite sur les lignes Italie-Corse est due à la sévérité de son plan de restructuration, qui l'a fait se séparer depuis la fin de la saison 2024 d'un nombre inédit de navires, affectés jusqu'ici à ses différentes dessertes : 
le Moby Vincent, démoli en Turquie, puis le Bastia, vendu à la compagnie italienne AliLauro pour la desserte de fret dans le golfe de Napoli, et ensuite les Moby Corse, Moby Ale et Moby Baby Two également vendus en 2024, ces deux derniers pour la démolition. Rebaptisé Santa Cruz par son nouvel acquéreur, l'ex-Moby Corse devait desservir l'Algérie depuis Sète en 2025 mais la ligne de la nouvelle compagnie l'Aures n'a jamais vu le jour et le navire est de nouveau mis à la vente. L'hécatombe a continué courant 2025 avec la vente pour la démolition du Moby Dada, jusqu'ici affecté aux lignes sardes mais qui avait aussi desservi la ligne Genova-Bastia il y a quelques années, puis la cession des Moby Drea (censé être désiamanté et dont l'avenir est encore incertain) et du Moby Zazà, qui sert désormais d'hôtel flottant en Malaisie, de même que le navire jumeau du Moby Drea, le Moby Otta, jusqu'ici affecté également jusqu'ici aux lignes sardes, mais finalement vendu aussi en octobre 2025 et renommé Elpis. Enfin, la Moby devrait fusionner avec l'autre ex-grande compagnie du groupe, la Tirrenia, dont le nom commercial s'efface progressivement, cette fusion répondant à la nécessité de mieux contrer la concurrence grandissante du groupe Grimaldi Lines sur les lignes sardes et siciliennes. Cette fusion sous le nom de Moby pourrait s'accompagner de nouvelles sorties de flotte d'ici la fin 2026, trois autres navires de l'ex-Tirrenia (les Janas, Athara, Moby Otta et Moby Ale Due) ayant été cédés en décembre 2025 au concurrent GNV, qui a également acquis les Moby Wonder et Moby Aki, le tout pour 229,9 millions d'euros, avec pour ces deux derniers navires, l'obligation de les louer à la Moby pendant au moins 15 ans sans en changer les noms, au prix de 15 000€ par jour (coque nue, hors équipage et carburant, donc). La Moby dispose donc pour la saison 2026 d'une capacité sensiblement réduite, sans grande possibilité de substitution de navires en cas d'avaries (sur la Sardaigne, ne sont plus en ligne donc en 2026 les Janas, Athara, Moby Otta et Moby Ale Due, sortis de flotte fin 2025 ; en revanche des navires désignés dans un premier temps sous les noms provisoires de Vessel 1 et Vessel 2 prennent leur relai, très probablement les Raffaele Rubattino et Vincenzo Florio de la Tirrenia, jusqu'ici déployés sur la ligne historique Napoli-Palermo que la Moby a décidé de fermer fin 2025...). 

S
ur les lignes corso-sardes enfin, la Moby est en concurrence, sur Bonifacio-Santa Teresa di Gallura, avec Ichnusa Lines (qui a repris le navire Ichnusa de la BluNavy, qui avait elle-même succédé à la Saremar il y a quelques années). Alors que la Moby continuait à desservir la ligne Bonifacio-Santa Teresa avec le Giraglia, les nombreux incidents et interruptions du service (le trafic de la Moby sur cette liaison n'a pas pu être assuré du tout au mois de juillet 2024 et, pendant l'hiver 2024-2025, le trafic est resté plusieurs mois interrompu sur cet axe, obligeant la Moby à dépêcher le Moby Zazà - désormais vendu - sur une ligne éphémère ayant relié Porto Vecchio à Golfo Aranci) ont fait que la compagnie a annoncé des changements pour 2025. Elle y a finalement inséré le Bunifazziu début septembre 2025, ce navire ayant un peu tardé à être adapté à la navigation dans les eaux internationales. Il s'agit de l'ex-Liburna, jusqu'ici en service entre l'Italie et l'ïle d'Elbe pour le compte de la Toremar (filiale de la Moby subventionnée par la région Toscane pour le service de cette île), que la Moby a passé sous ses couleurs et rebaptisé Bunifazziu. Ce navire est confirmé sur cet axe pour 2026, même si de nouvelles interruptions de service ont déjà été constatées depuis janvier.

Les Pascal Paoli de la Corsica Linea et Mega Express Four de la Corsica Ferries, à Bastia, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel
Les Pascal Paoli de la Corsica Linea et Mega Express Four de la Corsica Ferries, à Bastia, en juillet 2025 ; photo : Romain Roussel.




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