Mare Nostrum
Corsica 
L'appel
d'offres de nouveau relancé pour les lignes entre
Marseille, Porto Vecchio et Propriano a
tourné en faveur de La Méridionale, seule
candidate !

Le
Vizzavona
de la Corsica Linea,
ici à Bastia, qui s'est substitué
début octobre 2019 au Piana
de La
Méridionale
sur la ligne Bastia-Marseille.
L'appel d'offres pour la période
février-décembre
2020 étant de nouveau infructueux pour les ports secondaires
du
Sud Corse, l'appel d'offres a été de nouveau
relancé et remporté par La Méridionale,
désormais seule candidate. Photo : Romain Roussel,
prise en juillet 2019.
Tous les recours de La
Méridionale et de la Corsica Ferries
ayant été rejetés en justice,
l'attribution des
lignes Marseille-Bastia, Marseille-Ajaccio et Marseille-Ile Rousse
à la seule Corsica
Linea
avait été entérinée en
juillet 2019 pour la
période allant de début octobre 2019 à
fin
décembre 2020, comme détaillé dans l'article
thématique de Mare
Nostrum Corsica consacré à ce sujet.
Cela mobilise depuis les cinq navires mixtes de Corsica Linea -
voir tableau ci-dessous - mais laissait sans emploi l'ensemble
de la flotte de La
Méridionale. Passée
la période temporaire allant d'octobre 2019 à
janvier
2020, où seul le Kalliste
de La
Méridionale
continue de naviguer sur la Corse entre Marseille et Propriano, et dans
l'attente de l'attribution officielle des lignes des ports secondaires
du Sud
Corse (Marseille-Propriano et Marseille-Porto Vecchio), la compagnie
aux bateaux blancs et bleus n'a pu
qu'ouvrir mi-février ses réservations
à la vente pour les
périodes cruciales du printemps et de
l'été 2020,
alors que toutes ses concurrentes sans exception (Corsica Linea, Corsica Ferries et
même la Moby
Lines,
pourtant en graves difficultés financières) l'ont
fait
dès octobre 2019 ! En effet, le 14 février 2020,
seule La
Méridionale
a de nouveau candidaté pour ces deux lignes, elle l'a donc
finalement officiellemtn emporté lors de la session de l'Assemblée de Corse du
24 avril 2020, assurée par
vidéoconféernce du fait du confinement.
Dans cette attente qui s'est prolongée plus que
prévu (l'attribution
des lignes du Sud Corse devait avoir lieu lors de la session de
l'Assemblée
de Corse de novembre 2019 mais n'a finalement
discutée que lors de celle des 9 et 10 janvier 2020 pour
être de nouveau repoussée de plusieurs mois...), La Méridionale
a dû fréter hors de Corse le Girolata
à la compagnie italienne Grimaldi Lines
pour l'essentiel de l'année 2020 ; toutefois, en raison de
la
pandémie de coronavirus, cet affrétement a
été temporairement suspendu et le navire est
rveenu
à Marseille en attendant la reprise des liaisons... La
Méridionale a de même frété
en mer du Nord
sa récente acquisition, le Liverpool
Seaways, en attendant son
hypothétique arrivée sur les lignes de Corse
d'ici quelques mois.
Avant que ne lui soient officiellement attribuées les lignes
Marseille-Propriano et Marseille-Porto Vecchio de début mai
à fin décembre 2020, La Méridionale
avait obtenu officiellement un
premier répit, lui permettant
à continuer de faire naviguer
le Kalliste
sur Propriano et son navire amiral, le Piana, sur Porto
Vecchio de
début février à
fin avril 2020.
Pour mémoire, le Piana,
était jusqu'à fin septembre 2019
affecté à la desserte de Bastia, le Girolata,
à celle d'Ajaccio, et le
Kalliste, à celle de Propriano, mais la
compagnie n'avait plus aucune ligne de service
public à compter de mai 2020 ! En effet, le rapport
de l'OTC
adopté le 9 janvier 2020 par l'Assemblée de Corse
avait conduit
à déclarer pour
la deuxième fois consécutive cet appel d'offres
infructueux et de relancer une troisième fois la
procédure, cette fois pour une période encore
plus
courte, allant de mai à fin décembre 2020, date
du
début de la future concession de 7 années pour
l'ensemble
des lignes Marseille-Corse qui seront toutes simultanément
réattribuées à cette occasion !
À noter
qu'elles le seront de manière globale et non plus ligne
à
ligne, ce qui constitue une recul indéniable en
matière
d'égalité des concurrents, car cela favoriserait
les plus
gros ou ceux hypothétiquement capables de s'allier pour
présenter une offre recevable sur l'ensemble des lignes
Marseille-Corse (soit 7 navires mixtes requis, voir article
thématique). Ce pourquoi la Corsica Ferries
n'a finalement pas re-postulé, malgré son
excellent
classement lors de la consultation précédente...
À noter également que l'attribution à La Méridionale
de la DSP de trois mois allant de février à avril
2020 au
cours d'une procédure d'urgence avec appel d'offres
simplifié à candidat unique posait
déjà question. En
effet, Vanina Borromei, présidente de l'OTC, avait
déclaré que l'offre de La Méridionale
aboutit à "une DSP tout à fait conforme aux
attentes et
aux besoins de service public" alors que la compagnie aux bateaux bleus
avait proposé les mêmes navires et des
fréquences
identiques que lors de sa précédente offre et
qu'alors, l'OTC avait
estimé les besoins de service public finalement plus
importants
que prévus sur Porto Vecchio et moindres que
prévus sur
Propriano... Pis encore, La
Méridionale n'avait été
classée par l'OTC
qu'en deuxième position sur Propriano, derrière
la Corsica Ferriesqui
n'a finalement pas recandidaté quant à elle pour
cette DSP de trois mois, puisque classée première
quelques semaines plus tôt avec une bonne notation globale,
son
offre
avait malgré tout été
rejetée ! Mais
revenons dans ce qui suit plus en détail sur l'appel
d'offres de
janvier 2020 déclaré infructeux...
La Méridionale
était pourtant classée 1ère sur Porto
Vecchio et la Corsica
Ferries
1ère sur Propriano, mais les besoins de service public
auraient
prétendument évolué sur ces lignes
depuis le
lancement de l'appel d'offres, le rendant infructueux !
Les Mega Andrea et
Mega Express Two
de la Corsica Ferries,
à Bastia en juillet 2019, entourant le Piana de La Méridionale (photo
: Romain Roussel). Au vu des résultats de l'appel d'offres
de janvier 2020,
certains s'observateurs s'interrogeaient à propos d'une
possible "confiscation" des victoires de la Corsica Ferries et
de La
Méridionale, qui ont permis
de laisser quelques mois de plus à la Corsica Linea la
maîtrise de la ligne Marseille-Porto Vecchio et de
mettre encore plus la pression sur La
Méridionale lors d'une année 2020
décisive pour le futur schéma de long terme de
desserte maritime de la Corse...
Entériné par les élus corses, le
résultat d'infructuosité prononcé en
janvier 2020
sonnait
comme un nouveau coup de tonnerre dans la desserte des lignes de Corse
et comme un nouveau coup de poignard à l'encontre de La Méridionale,
déjà exclue de l'ensemble des autres lignes par
les élus corses au profit de Corsica Linea,
dans des conditions contestées en justice... Il
était d'autant
plus étonnant que les trois compagnies avaient cette fois vu
leurs offres initialement validées lors de l'ouverture des
plis
et que, sur chacune des lignes en jeu, une compagnie au moins avait
obtenu une notation plus que satisfaisante de l'OTC, donc
potentiellement recevable.
Ainsi, depuis
le 11 septembre 2019, on connaissait le nom des
compagnies candidates à
cet appel d'offres des lignes de Propriano et de Porto Vecchio.
La Corsica Linea
n'ayant plus
de navire mixte disponible, y participait
néanmoins pour la seule ligne Marseille-Propriano,
conformément aux déclarations publiques de
ses dirigeants. Elle avait originalement répondu
à
l'appel d'offres 2019-2020 sur l'ensemble des lignes Marseille-Corse en
mobilisant la totalité de sa flotte, y compris les
car-ferries Danielle
Casanova et Méditerranée,
moins adaptés à ce type de desserte compte tenu
de leur
plus fort ratio passagers sur fret. La Corsica Linea
proposait de nouveau sur Propriano
les services d'un de ses ferries, le Danielle Casanova,
dans
deux options concurrentes (fret seul ou fret et passagers), mais ces
options étaient les plus coûteuses pour la Collectivité
territoriale de Corse.
En effet, au final, la Corsica
Linea
demandait une compensation financière de 17,71 millions
d'euros
pour la période de 11 mois allant de février
à
décembre 2020, contre 11,98 millions d'euros pour La Méridionale
et 8,39 millions d'euros pour la
Corsica Ferries selon le rapport de l'OTC. La compagnie
aux bateaux rouges n'était plus candidate
sur Porto Vecchio, alors qu'elle était jusqu'ici
délégataire de la ligne Marseille-Porto Vecchio,
sur
laquelle les trafics se développent et qu'elle continue
d'assurer en y affrétant le Piana de La Méridionale
tant que cette ligne n'est pas réattribuée... Le
nouveau
délai alors accordé par l'Assemblée de Corse
pour statuer sur ces lignes du Sud Corse arrangeait donc
plutôt la Corsica
Linea
(qui continueait au moins transitoirement à commercialiser
les
traversées de 6 des 7 navires mixtes en service entre
Marseille
et la Corse), à l'inverse de La Méridionale,
qui ne pouvait alors toujours pas commercialiser ses
traversées sur la Corse à compter de
février 2020 !
En candidatant sur Propriano bien qu'ayant
déjà tous ses navires mixtes affectés, la Corsica Linea
n'avait en tout cas pas laissé un espace de libre
à La
Méridionale ! La
Méridionale avait quant à
elle répondu à la fois pour les lignes de Porto
Vecchio et de
Propriano, en proposant sur ces deux destinations un mix de ses
différents navires - y compris, le Liverpool Seaways,
récemment acquis - dans plusieurs options mêlant
fret pur et
fret et passagers. Les compensations financières
exigées
par La
Méridionale
étaient intermédiaires entre celles de ses
concurrentes
et, compte tenu de la valeur technique de son dossier et de la
qualité de ses navires, La
Méridionale avait été
classée première par l'OTC sur
Marseille-Porto Vecchio, avec une note globale de 80 points sur 100.
Enfin, la Corsica
Ferries,
exclue d'emblée de la précédente
négociation pour vice de forme, avait aussi
retenté sa chance
sur
les deux ports du Sud Corse sur lesquelles elle est peu ou pas
implantée. Elle avait répondu avec ses deux
navires les plus
économiques, de capacité plus modeste que les
cargos
actuellement déployés sur ces lignes : les Corsica Marina Seconda
sur Propriano (dans une option fret et passagers) et le Sardinia Vera sur
Porto Vecchio (dans une option fret seule). Les compensations
financières demandées par la compagnie
étaient de
ce
fait particulièrement basses (respectivement 8,39 et 7,57
millions d'euros pour 11 mois à l'issue de la
négociation selon le rapport de l'OTC). Toutefois,
l'offre de la Corsica
Ferries
sur Porto Vecchio a finalement été
rejetée,
étonnamment non pas parce qu'elle revenait à
renoncer au
transport des passagers
sur Marseille-Porto Vecchio - motif a priori pourtant
évident d'éviction - mais en raison de
l'incapacité supposée du Sardinia Vera
à tenir les horaires impartis de la ligne... La compagnie a
eu
beau expliquer que le navire pouvait naviguer à 18 noeuds en
pointe et à 17 noeuds en mode dégradé
et que le
déchargement d'un fréteur pur faisait gagner du
temps par
rapport à ses concurrentes, l'OTC
a semble-t-il mis un zèle particulier à
diligenter une étude
complémentaire (fondée sur les vitesses
effectives
du navire sur les autres lignes desservies par le navire
l'été dernier, alors qu'il n'était
dans ce cadre
soumis à aucune obligation de vitesse minimale...)
confiée à un prestataire privé, Odyssée
développement - étude dont le
coût pour la Collectivité
de Corse n'a pas été
précisé... - pour démontrer l'inverse
et conclure qu'il ferait subir aux remorques de fret un retard,
très précisément
évalué "de 1h28 à 2h07" par
traversée de nuit...
Sur la ligne Marseille-Propriano en revanche, l'offre technique de la Corsica Ferries
avait été jugée tout à fait
recevable et,
compte tenu de la moindre compensation financière
demandée, la compagnie avait fini première avec
un score de
86 points sur 100, contre 80 points sur 100 pour La Méridionale
et seulement 59 points sur 100 pour la Corsica Linea.
C'est la première fois que la Corsica Ferries
sortait en première position d'un appel d'offres
lancé par l'Assemblée
de Corse.
Pour autant, la
Collectivité
territoriale de Corse (CTC) n'avait alors, sur ces bases,
confié aucune ligne, ni à La Méridionale,
ni à la Corsica
Ferries, du fait des préconisations de l'OTC !
En effet, dans une étude, qui n'avait pas
été
annoncée au préalable, fort
opportunément confiée de nouveau à la
société Odyssée
développement postérieurement à la
publication du cahier des charges et au lancement de l'appel
d'offres, l'OTC avait
décidé de remesurer le besoin de service public
qui
ressortirait sur ces lignes. Or, ô surprise, il serait apparu
que
: "que le besoin de service public lié à la
desserte, aussi
bien du port de Portivechju que celui de Prupià, avait
évolué depuis les études
à partir desquelles cette consultation a
été élaborée et
lancée" aux dires du rapport de
l'OTC...
ce qui n'a rien d'étonnant, les trafics des
différents
ports de Corse évoluant chaque année : si une
telle
étude avait aussi été
commanditée sur les
lignes des ports principaux attribuées à Corsica Linea,
de telles variations auraient sans doute aussi
été
constatées ! A ceci près qu'il est pour le moins
surprenant que seules les lignes de Propriano et Porto Vecchio aient
fait l'objet d'un tel traitement, de surcroît
après le
lancement par deux fois à quelques mois d'intervalles
d'appels
d'offres de courtes durées... Il est d'autant plus
étonnnant que les résultats de cette
étude n'aient
pas non plus remis en cause les spécifications des navires
finalement retenus pour ces dessertes lors de l'appel d'offres suivant,
les deux navires de La
Méridionale retenus
fin avril 2020 ayant cette fois été
déclarés conformes aux besoins de la DSP, alors
même que leur capacité et leurs
caractéristiques
n'ont pas du tout évolué...
Plus précisément, le rapport de l'OTC de
janvier 2020 concluait à :
- un besoin supplémentaire,
estimé "à
échéance 2021" (sur la base de quelle
extrapolation
à cet horizon ?) à 52 300 passagers et
à 59 100
mètres linéaires supplémentaires sur la ligne
Marseille-Porto Vecchio (soit +36,7% ou autrement
dit 220 000 mètres linéaires annuels au lieu de
160 900) ;
- un besoin moindre de 30 900 mètres linéaires de
fret
sur la ligne Marseille-Propriano (-31,9 %), soit une
capacité
annuelle de 66 000 mètres linéaires de fret au
lieu de 96
900 mètres linéaires.
Ce rapport de l'OTC concluait
donc que, dans ces conditions, l'appel d'offres ayant
été
lancé par deux fois sur la base d'une
appréciation aussi
manifestement erronée des besoins (qu'il avait
lui-même
déterminé sur la base de
précédents "tests
de marché"...), on ne saurait attribuer ces lignes, en
s'appuyant fort opportunément cette fois sur les grands
principes du droit européen régissant les appels
d'offres... Une convention provisoire a donc
été conclue par la CTC avec La Méridionale
pour
la période allant de début février
à fin
avril 2020 et l'appel d'offres à proprement parler a donc
relancé sur de nouvelles bases, pour la troisième
fois,
pour une période de 8 mois allant de mai à fin
décembre 2020. Il est fort dommageable pour la
crédibilité de ces procédures d'appels
d'offres,
déjà souvent contestées en justice par
plusieurs
compagnies, qu'au final, les mêmes navires mixtes que ceux
effectuant ces dessertes aient finalement été
retenus pour ces liaisons,
l'offre de la Corsica
Ferries
sur Marseille-Propriano ayant aussi eu le mérite de montrer
qu'un navire de moindre capacité pouvait suffire
à
répondre aux besoins de cette desserte. Pour autant, c'est
bien ce qui est arrivé,
La Méridionale, seule candidate
désormais, ayant repostulé victorieusement avec
le Kalliste
sur Propriano, ce qui pourrait susciter de nouvelles contestations...
Sans attendre l'attribution officielle de ces deux lignes, La Méridionale,
dont toutes les rotations sur la Corse relèvent du service
public au départ de Marseille, a finalement
commercialisé mi-février 2020 ses rotations
d'été sur la Corse, ce qui
représente un délai économiquement
très
préjudiciable pour elle par rapport à d'habitude.
Par
ailleurs, les conclusions auxquelles sont tardivement parvenus les
auteurs du rapport de l'OTC
de janvier 2020 peuvent au final sembler assez attendues à
la lumière du
retour en arrière intervenu quant aux
spécifications du
cahier des charges de ces lignes, tel que décrit plus en
détail ci-après.
Un
appel d'offres qui avait été relancé
avec des exigences de capacités
minimales ne suivant pas la même logique que celle des lignes
Marseille-Corse attribuées à
l'été 2019 et qui comportait dès lors
des faiblesses manifestes
La non attribution des
lignes du sud Corse a provoqué un nouveau conflit social
à La
Méridionale, perturbant aussi le trafic fret de
Corsica Linea en
raison de blocages de navires. Ici, le Monte d'Oro à
La Seyne au lieu de Marseille, le 11 janvier 2020 ; photo : Jean-Pierre
Fabre.
Pour mémoire, l'appel d'offres des lignes de Propriano et
Porto Vecchio n'avait pourtant pas
été relancé sur les bases
jugées
infructueuses en juin 2019 de la DSP courant d'octobre 2019
à
décembre 2020 (en rouge dans les tableaux suivants et
détails dans cet autre article
thématique),
mais avec des capacités fret et passagers identiques
à
celles qui prévalaient lors de la DSP
précédente
de 2017 à l'automne 2019 (en marron dans les tableaux
suivants).
Au final, cela se traduisait par de fortes variations dans les
capacités exigées sur ces lignes non pas par
rapport
à l'existant, mais par rapport au besoin qui avait
été objectivé par les
études de
marché réalisées par la Collectivité de Corse.
Ces éléments sont précisés
dans les deux tableaux suivants, qui portent
pour le premier sur le fret, pour le second sur les passagers.
En
matière de fret,
les capacités exigées étaient
dès lors très fortement revues à la
baisse
sur Marseille-Porto Vecchio, de 160 000 à 96 000
mètres linéaires par
an et, dans des proportions moindres, sur Marseille-Propriano, de 90
000 à 74 400 mètres linéaires annuels.
Cela ne devrait toutefois pas
induire de baisses de capacités par rapport à
l'existant, tout du moins
en théorie. En pratique toutefois, le Jean Nicoli de Corsica Linea,
qui desservait jusqu'ici Marseille-Porto Vecchio, offrait des
capacités
supérieures étant désormais
dévolu à la ligne Marseille-Ajaccio, tout
dépendra des caractéristiques du navire qui sera
affecté... À noter que
quoi qu'il en soit, les fréquences exigées sur
ces ports restaient
inchangées par rapport à l'existant (3
rotations par semaine, toute
l'année).

Source :
dossiers officiels des appels d'offres maritimes 2017-2019,
2019-2020 et 2020 ; calculs et présentation Mare Nostrum Corsica.
Les capacités indiquées sont annuelles et
exprimées entrées plus sorties.
En
matière de passagers,
les évolutions requises étaient plus remarquables
et interrogeaient quant à
la cohérence d'ensemble du dispositif, toutes lignes de
Corse
confondues au départ de Marseille. En effet, là
aussi, il avait été décidé
de revenir aux spécifications de la DSP
précédente, qui prévalait de
2017 à 2019. Or, entre la DSP 2017-2019 et le cahier des
charges
initial de la DSP 2019-2020, deux logiques très
différentes
prévalaient. Dans la plus ancienne, les capacités
passagers exigées
étaient notables, en particulier sur les ports principaux de
Bastia et
d'Ajaccio (150 000 passagers par an sur chacune de ces
liaisons avec Marseille) et nettement moindres
sur les ports secondaires, dont ceux de Porto Vecchio et de Propriano
(respectivement 36 000 et 22 800 places annuelles exigées).
Dans la
plus récente, la logique était inverse : partant
du constat que la
plupart des ports de Corse étaient
déjà bien très dotés en
capacités
passagers, notamment au départ de Toulon et de Nice
desservis à l'année
par la Corsica Ferries, les
capacités exigées étaient fortement
réduites, à l'exception de celles
exigées sur Propriano, où n'escalent pas les
bateaux jaunes.
Source
: dossiers officiels des appels d'offres maritimes 2017-2019, 2019-2020
et 2020 ; calculs et présentation Mare Nostrum Corsica. Les capacités
indiquées sont annuelles et exprimées
entrées plus sorties.
Le fait de revenir aux anciennes
spécifications pour les
deux lignes infructueuses Marseille-Porto Vecchio et
Marseille-Propriano, s'il ne modifiait pas beaucoup au niveau de la
Corse
les capacités globales (environ 10 000 passagers annuels en
moins sur Marseille), induisait donc un mélange de deux
logiques
contraires pour le moins surprenant. Les
capacités passagers exigées tant Propriano que
sur Porto
Vecchio au départ et à l'arrivée de
Marseille
devenaient supérieures à celles de Bastia et
d'Ajaccio,
alors qu'entre-temps, celles d'Ile Rousse étaient devenues
inférieures ! Dès lors, la logique d'ensemble qui
voulait
que soient mieux dotés les seuls ports sur lesquels une
offre
passagers concurrente n'existait pas était
brouillée, la Corsica
Ferries
étant bel et bien présente sur Porto
Vecchio, qui se
voit pourtant imposer des capacités passagers
supérieures
à celles de Propriano sur laquelle la compagnie aux bateaux
jaunes est absente ! Les observateurs du dossier notaient aussi que le
besoin d'un trafic passagers estival entre Marseille et Propriano, qui
avait été objectivé par les analyses de la CTC menées
en 2018, avait de fait été
finalement écarté, les exigences annuelles
revenant à 22
800 places, sans renfort estival, comme dans le cadre de la DSP
2017-2019...
Enfin, la complémentarité des jours de desserte
entre
Marseille-Propriano et Marseille-Porto Vecchio est toujours
officiellement souhaitée, aux dires du dossier
remis aux
compagnies candidates : la section relative à la desserte de
Porto Vecchio précisant notamment que "les
services peuvent se faire un jour sur deux en alternance avec
Propriano dans une logique d’amélioration de la
desserte du sud de la Corse".
Toutefois, les deux lignes étant
attribuées
indépendamment l'une de l'autre et les jours de desserte
précis ne faisant pas l'objet de spécifications
précises imposées dans le cahier des charges de l'Office des transports de la Corse,
ces deux ports du sud Corse sont en fait restés
jusqu'à
la saison 2020
desservis les mêmes soirs, l'anomalie venant d'être
corrigée par le fait qu'ils seront tous deux
desservis par La
Méridionale
cet été ! Qu'en sera-t-il dans le nouveau
système
en vigueur à partir de 2021, dans lequel ce ne sera plus le
cas
(La
Méridionale troquant alors Propriano avec la
moitié
du service sur Ajaccio avec Corsica
Linea) ? Ces deux ports de Propriano et Porto Vecchio
risquent de nouveau de se faire
concurrence entre eux, bien qu'il soit théoriquement
possible de
placer les trois rotations par semaine vers ces ports sur six
jours de la semaine dans une logique de bonne répartition de
la
desserte... En effet, les compagnies tendent en
général à
éviter de faire partir des navires de Marseille les samedis
soirs (faute de fret roulant le dimanche) et sont à
l'inverse
fortement incitées à les faire partir dans ce
sens les
vendredis soirs (du fait de la plus grande affluence des passagers qui
prennent une location en Corse le samedi matin). Dès
lors, faute d'obligation de la part du régulateur,
cela
tend historiquement par voie de conséquence à
aligner
entre eux les départs vers les ports secondaires de
l'île
et ne répond donc pas bien à cet égard
aux
objectifs assignés à la continuité
territoriale de
la Corse...
Le choix de l'Office des
transports de la Corse (OTC) de
revenir aux spécifications antérieures du cahier
des
charges sur les lignes Marseille-Porto Vecchio et Marseille-Propriano
pour relancer ces appels d'offres infructueux revenait donc
manifestement à se fonder sur des études de
marché
plus anciennes, déjà
dépassées. Aussi,
plusieurs observateurs du dossier s'interrogent sur les motifs
de ce choix, qui a conduit
finalement à déclarer ces appels d'offres
infructueux,
à retarder de nouveau la procédure d'attribution
de ces
marchés, quitte à accroître
l'insécurité sur l'avenir de La Méridionale
et de ses salariés
et à faire reculer la concurrence, et donc au final,
à
accroître les coûts de la desserte maritime
publique pour
la Collectivité.
Les
photos et analyses présentées
sur ce site sont la propriété de leur auteur
(Romain Roussel, sauf mention contraire) et ne sont
pas libres de droits
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